Selon la Maison Blanche, Donald Trump a annoncé, après une réunion à la Maison Blanche avec plusieurs grands groupes du secteur, la création d’une nouvelle task force fédérale, baptisée « Super Intelligence Force ». Sa mission sera de coordonner l’action du gouvernement américain sur l’intelligence artificielle, que l’administration a d’ailleurs choisi de rebaptiser « Super Intelligence ».
L’initiative sera pilotée par Jay Clayton, directeur du renseignement national. Il devra rendre des comptes directement au président Donald Trump et à la cheffe de cabinet, Susie Wiles.
D’après la Maison Blanche, cette nouvelle structure devra assurer le leadership américain, mesurer les risques comme les opportunités liés à ces technologies, et préciser la place que l’État fédéral doit prendre dans ce dossier. Plusieurs médias américains ajoutent qu’elle aurait 120 jours pour remettre ses recommandations.
Parmi les membres déjà identifiés, on trouve Andrew Ferguson, président de la Federal Trade Commission, Emil Michael, directeur technologique du Pentagone, et Scott Kupor, directeur de l’Office of Personnel Management. La composition du groupe en dit long : le sujet ne sera pas abordé sous le seul angle de l’innovation, mais aussi à travers la fonction publique, la défense et la concurrence.
L’annonce fait suite à une réunion organisée à la Maison Blanche avec de grands groupes du secteur. À l’issue de ces échanges, toujours selon la Maison Blanche, l’exécutif a soutenu un accord volontaire dans lequel les entreprises s’engagent, pour l’essentiel, à s’autoréguler plutôt qu’à être confrontées tout de suite à de nouvelles règles fédérales contraignantes.
Cette task force prolonge une ligne politique plus large : accélérer le développement des outils, alléger les barrières réglementaires et éviter qu’un État impose ses propres règles pendant qu’un autre en fixe de différentes. Il y a aussi, en arrière-plan, un calcul géopolitique très net : garder une avance sur la Chine dans une technologie devenue centrale pour la sécurité, l’industrie et la productivité.
Le contexte budgétaire aide aussi à comprendre la précipitation. Les engagements fédéraux sur les contrats liés à ces systèmes ont atteint 7,2 milliards en 2026, soit une hausse de 966 % par rapport à 2024. La valeur potentielle des contrats déjà attribués monte, elle, à 91,8 milliards, dont 98,9 % seraient concentrés au département de la Défense.
Dans le même temps, le nombre de cas d’usage recensés dans l’administration est passé de 1 757 en 2024 à 3 611 en 2025.
Tout le monde n’applaudit pas, loin de là. Plusieurs observateurs jugent qu’une approche trop légère risque de laisser la vitesse de déploiement dépasser les garde-fous en matière de sécurité et de responsabilité. D’autres y voient surtout un cadre taillé pour les géants du secteur, assez puissants pour peser sur les règles du jeu tout en promettant de se surveiller eux-mêmes.
La présence d’Andrew Ferguson soulève d’ailleurs ses propres questions. Le patron de la Federal Trade Commission, le régulateur américain de la concurrence, siège dans cette task force alors même que son agence suit de près plusieurs grands acteurs technologiques. Mieux vaut donc garder une certaine réserve.
À ce stade, rien n’indique que cette structure dispose d’une base légale explicite ou d’un budget propre. Un détail en apparence, mais qui pourrait compter lourd au moment de transformer ces annonces en véritable politique publique.
Author: Manuel Bosque
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