« The Mandalorian & Grogu », le film de Jon Favreau arrivé en salles le 22 mai 2026, reprend les aventures de Din Djarin et de Grogu à l’époque de la Nouvelle République autour d’une nouvelle mission calibrée pour le grand écran. L’exercice n’avait rien d’évident pour une franchise dont l’élan vient d’abord du format feuilletonnant de Disney+. Et, chose assez frappante, son plus beau moment n’a rien d’un gros morceau d’action : c’est une séquence presque sans paroles, entièrement portée par Grogu et par la façon dont il veille à son tour sur celui qui l’a toujours veillé.
La scène qui dit, à elle seule, ce que le film a dans le ventre
Dans « The Mandalorian & Grogu », cette scène arrive après l’empoisonnement de Din Djarin par le dragonsnake des jumeaux Hutt. Affaibli, à moitié inconscient, Din Djarin se retrouve coincé dans les marais de Nal Hutta. Grogu pourrait partir avec les Anzellans. Il décide de rester. Même après avoir eu recours à la Force pour le soigner en partie, Grogu comprend vite que ce ne sera pas suffisant.
Là, le film lève franchement le pied. Avec presque aucun dialogue, Grogu cache Din Djarin aux forces de sécurité huttes, le recouvre de feuilles, bricole un abri de boue, part chercher de l’eau et de quoi manger, s’appuie sur un bâton de marche et médite en attendant le moindre signe d’amélioration. La scène dure juste ce qu’il faut pour faire sentir l’épuisement, la peur et l’obstination du personnage, jusqu’à l’arrivée d’un ermite du voisinage qui finit par apporter le remède capable de sauver Din Djarin.
Un renversement tout simple, et redoutablement efficace
Si cette séquence tient aussi bien, c’est qu’elle retourne la dynamique habituelle entre les deux héros. Depuis le début de la série « The Mandalorian », Din Djarin occupe la place du protecteur. Cette fois, c’est Grogu qui prend celle du gardien, du soignant, de celui qui veille. Ce déplacement, en apparence modeste, donne au film son vrai poids émotionnel.
La mise en scène repose aussi beaucoup sur la présence très concrète de Grogu. La marionnette se révèle d’une expressivité remarquable, et l’ensemble prend par moments une couleur qui rappelle les productions classiques de Jim Henson, avec ce mélange de fragilité, de fantaisie et de franchise émotionnelle. Dans un blockbuster Star Wars, ce ton plus artisanal, plus resserré, touche juste.
Des avis divisés, mais une émotion qu’on balaie difficilement
l’accueil critique du film a, dans l’ensemble, été mitigé. Certains ont mis en avant ses scènes d’action et, surtout, la relation entre Din Djarin et Grogu. D’autres ont pointé un propos un peu léger et une structure qui ressemble davantage à un épisode de télévision étiré qu’à un vrai rendez-vous de cinéma.
Au box-office aussi, le résultat a laissé un goût de déception au vu de la popularité des personnages. D’après Box Office Mojo, « The Mandalorian & Grogu » a engrangé environ 345,8 millions de dollars dans le monde pour un budget estimé à 165 millions, ce qui en fait le film Star Wars en prises de vues réelles le moins rentable au box-office mondial. Plusieurs analystes y voient l’effet d’une identité encore très associée au streaming, ainsi que d’un récit jugé moins spectaculaire, et donc moins incontournable en salles.
Le long-métrage rappelle malgré tout quelque chose d’essentiel au sujet de Star Wars : ses instants les plus marquants ne sont pas forcément les plus bruyants. Parfois, un enfant silencieux dans un marais, occupé à veiller sur son père adoptif, suffit largement pour atteindre sa cible.