Depuis les élections de mi-mandat de 2026, Apple fait face à une pression croissante à Washington à cause de sa participation financière au futur espace de réception de la Maison-Blanche, que plusieurs médias américains présentent déjà comme le « Donald J. Trump Ballroom ».
Richard Blumenthal, qui doit bientôt prendre la tête de la sous-commission permanente d’enquête du Sénat, a demandé à Apple, Amazon, Google, Meta, Microsoft, Nvidia et à d’autres groupes de lui transmettre tous les documents liés à ces dons. Et le message est clair : si nécessaire, des assignations à comparaître suivront lorsque les démocrates auront repris le contrôle complet de la commission, en janvier 2027.
D’après plusieurs médias américains, Apple et Nvidia compteraient parmi les plus gros contributeurs du secteur, avec 25 millions de dollars chacun. Microsoft et Palantir auraient promis 10 millions de dollars. Amazon, Meta et Cisco, de leur côté, auraient chacun versé 5 millions.
Au total, les promesses de dons venant d’entreprises et de particuliers s’élèveraient à environ 333 millions de dollars, toujours selon plusieurs médias américains. L’argent aurait été versé au Trust for the National Mall, une organisation à but non lucratif chargée de financer ce nouvel espace de réception à la Maison-Blanche.
Ce qui inquiète les démocrates ne tient pas seulement à la somme en jeu. Ils pointent aussi la nature de ces versements, ainsi que le manque de transparence qui les entoure, alors même que plusieurs de ces entreprises ont des intérêts considérables auprès du gouvernement fédéral, entre contrats publics, régulation et dossiers antitrust.
Pour les critiques, ces contributions doivent être examinées de près pour une raison simple : elles n’entrent pas dans les mêmes plafonds et ne sont pas soumises aux mêmes obligations de divulgation que les financements électoraux classiques. Des élus démocrates, ainsi que plusieurs organisations de surveillance, y voient un possible moyen d’obtenir les bonnes grâces de l’administration.
Elizabeth Warren est allée encore plus loin. Elle a expliqué que ces dons pourraient soulever des questions au regard des lois fédérales anticorruption s’ils étaient liés, directement ou indirectement, à des décisions politiques ou réglementaires favorables.
À l’heure actuelle, aucune accusation formelle n’a été annoncée. Mais c’est précisément l’objet de l’enquête : déterminer qui a donné, pour quelles raisons, et dans quel contexte. Prudence, donc. On vous tiendra au courant.
Le sujet, au fond, ne date pas d’hier. Richard Blumenthal l’avait déjà mis sur la table en 2025, et d’autres démocrates avaient envoyé des lettres sur le même thème à la fin de cette année-là.
Apple, en janvier 2026, avait répondu que son don était légal et conforme à son soutien habituel aux institutions nationales. D’autres entreprises, si l’on en croit plusieurs médias américains, n’ont pas répondu ou ont choisi de rester silencieuses.
Cette offensive s’inscrit aussi dans une campagne de contrôle plus large lancée après les élections de mi-mandat. Richard Blumenthal a également réclamé des documents au président de la Federal Communications Commission (FCC), Brendan Carr, au sujet de plusieurs décisions touchant aux médias et aux licences, notamment l’examen de la fusion Paramount-Skydance ainsi que celui de licences de stations affiliées à ABC.
En pratique, l’enquête a peu de chances de bloquer le projet lui-même : selon plusieurs médias américains, des travaux de démolition et une partie du chantier auraient déjà commencé. Le scénario le plus probable, à ce stade, c’est donc une mise au jour très détaillée des liens entre les grandes entreprises technologiques et le pouvoir politique, avec Apple au premier rang.
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Author: Manuel Bosque
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