Au moment de son lancement mondial, la collection du 30e anniversaire du Pokémon Trading Card Game (Pokémon TCG) s’est surtout fait remarquer pour une chose: des ruptures de stock presque instantanées, suivies d’une revente déjà très agressive. Dans plusieurs régions, la demande a largement dépassé les quantités mises en vente, au point que certains articles anniversaire avaient déjà disparu des rayons quelques heures à peine après leur sortie.
Pour beaucoup de fans, cette célébration semble surtout profiter aux revendeurs, bien plus qu’aux collectionneurs ordinaires. Une fois encore, la colère se tourne vers les scalpers, ces acheteurs qui vident les stocks en masse pour remettre les produits en vente plus cher.
Sur les réseaux sociaux comme dans les communautés de collectionneurs, les critiques reviennent en boucle. Beaucoup parlent d’une rareté artificielle, nourrie à la fois par la spéculation et par une demande réelle qui reste très élevée.
Au Royaume-Uni, la situation a particulièrement bien montré cette tension. D’après plusieurs témoignages, des milliers de personnes auraient fait la queue toute la nuit dans l’espoir de mettre la main sur des packs de la collection du 30e anniversaire.
Sauf que, toujours selon ces témoignages, une partie du stock serait partie entre les mains d’acheteurs venus prendre de très grosses quantités, laissant beaucoup de fans repartir bredouilles. Au fond, ce n’est pas vraiment une surprise. Même après le boom de la période pandémie, le Pokémon TCG reste l’un des marchés les plus actifs du jeu de cartes à collectionner. Les nouvelles extensions partent vite, certaines cartes grimpent à des montants très élevés, et chaque grosse sortie attire à la fois des passionnés, des investisseurs et des opportunistes.
Les écarts de prix repérés dès le jour du lancement montrent d’ailleurs à quel point la spéculation reste brutale. Une Elite Trainer Box vendue au prix conseillé de 49,99 $ a par exemple été vue chez certains revendeurs entre 120 et 129,99 $. D’autres produits de collection affichaient déjà des hausses allant de 150 % à 166 % par rapport au tarif recommandé.
Sur le marché secondaire, certaines références ont très vite atteint 2 à 3 fois leur prix de vente initial. Il faut quand même garder la tête froide. Une carte « Mew ex Futuristic Rare » a bien été mise en vente à plus de 1 000 $ peu après le lancement, mais cela ne veut pas dire qu’un acheteur paiera forcément cette somme.
Ce qui frappe, c’est que ces pénuries continuent alors même que The Pokémon Company a fortement augmenté sa production ces dernières années. En mars 2026, l’entreprise disait avoir imprimé plus de 85 milliards de cartes. Malgré cette montée en puissance, les sorties les plus médiatisées subissent toujours une pression énorme sur les stocks.
Face au problème, certains distributeurs mettent en place des mesures anti-spéculation: files d’attente encadrées, ventes uniquement en magasin dans certaines enseignes américaines, limitations d’achat. Au Japon, les contrôles vont parfois encore plus loin, avec vérification d’identité, restrictions par reconnaissance faciale dans certains points de vente, ouverture des produits scellés au passage en caisse, ou encore interdictions de revente sur certaines plateformes comme Mercari.
Pour l’instant, on ne sait toujours pas quelle sera l’ampleur réelle des réassorts. Rien ne permet d’affirmer avec certitude que toutes les ruptures viennent d’une rareté artificielle. En attendant d’y voir plus clair, le malaise, lui, est bien là. De plus en plus de collectionneurs ont le sentiment que ce hobby devient moins accessible, et que le plaisir d’ouvrir des boosters ou de compléter une collection passe désormais après la logique du profit.
Nous vous tiendrons au courant.