Selon une étude menée par IANS et Artico Search, 65 % des entreprises réalisant plus de 10 milliards de chiffre d’affaires ont désormais désigné un responsable pour la sécurité de l’intelligence artificielle. Dans ce groupe, 18 % ont créé un poste dédié. Les 47 % restants ont confié le sujet à un dirigeant déjà en place. On voit bien ce qui se joue : dans les très grands groupes, la volonté est de remettre un peu d’ordre dans des usages qui avancent plus vite que les garde-fous.
Cybersécurité : les grands groupes mettent de l’ordre dans la sécurité de l’intelligence artificielle
Le contraste avec le reste du marché est net. D’après l’étude d’IANS et d’Artico Search, parmi les entreprises dont le chiffre d’affaires se situe entre 1 et 10 milliards, seules 9 % ont un responsable clairement identifié. En dessous du milliard, la part tombe à 6 %, toujours selon IANS et Artico Search.
Le sujet se structure donc surtout dans les très grandes organisations. Ce sont aussi celles qui ont les moyens d’y consacrer du budget, des équipes conformité plus fournies et une pression réglementaire plus forte.
Et l’enjeu ne se limite pas à la technique. Les entreprises cherchent des profils capables de faire le lien entre sécurité, gestion du risque, conformité et besoins métier, au moment où les outils génératifs s’installent partout, du support client jusqu’aux chaînes de développement.
Une gouvernance encore floue, malgré l’apparition de nouveaux postes
Créer des fonctions dédiées ne suffit pourtant pas à régler la question. L’étude d’IANS et d’Artico Search montre que la responsabilité de la gouvernance de l’intelligence artificielle reste mal répartie : entre 14 % et 19 % des organisations interrogées disent ne pas avoir de dirigeant unique clairement responsable du sujet.
Fait assez révélateur, même dans les grands groupes, le responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) n’apparaît pas comme le pilote naturel de cette gouvernance. Selon l’étude d’IANS et d’Artico Search, il n’est le responsable principal que dans 7 % des cas. Cette responsabilité revient plus souvent au directeur de l’intelligence artificielle, qui la concentre dans 22 % des entreprises, toujours selon IANS et Artico Search.
Ce décalage dit quelque chose de très concret : la gouvernance dépasse largement le seul cadre de la cybersécurité. Elle touche aussi à la conformité, à l’éthique, à la gestion des données, et bien sûr aux effets sur les métiers.
Les conseils d’administration restent encore à distance
Un autre chiffre ressort de l’étude d’IANS et d’Artico Search : moins d’un quart des conseils d’administration des grandes entreprises disposent d’un comité consacré à l’éthique ou à l’usage responsable de l’intelligence artificielle.
Pour un sujet désormais installé au cœur des risques opérationnels et réglementaires, ce retard a de quoi étonner.
D’autant que les entreprises doivent déjà composer avec des cadres qui se durcissent, en particulier en Europe. Mieux vaut donc rester prudent.
Un nouveau front d’investissement pour les responsables sécurité
La pression monte aussi sur le terrain budgétaire. Un rapport 2026 d’IANS et d’Artico Search indique que 69 % des RSSI placent l’intelligence artificielle en tête de leurs priorités pour les nouveaux investissements de sécurité.
Et ce mouvement ne fait sans doute que commencer. Selon ce même rapport 2026 d’IANS et d’Artico Search, 81 % des RSSI s’attendent à voir apparaître de nouveaux métiers dans leurs équipes. Autrement dit, la sécurité de l’intelligence artificielle n’est plus un chantier périphérique. Elle commence déjà à redessiner l’organigramme de la cybersécurité dans les plus grandes entreprises. Le reste du marché pourrait suivre assez vite.
Author: Manuel Bosque
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