Le studio japonais Level-5 a présenté ses excuses le 17 septembre, après la vague de critiques déclenchée par un usage jugé bien trop visible d’outils de génération d’images dans les vidéos de son événement « LEVEL5 VISION 2026 II: Dreams », diffusé le 10 septembre.
Dans un communiqué publié ce même 17 septembre, Level-5 admet une « utilisation maladroite » de ce type d’outils, à laquelle se seraient ajoutées des erreurs humaines. Le studio répond ainsi aux accusations visant plusieurs séquences promotionnelles où ce recours semblait, pour beaucoup, sauter aux yeux.
La controverse avait déjà pris assez d’ampleur pour pousser le PDG de Level-5, Akihiro Hino, à réagir dès le 12 septembre. Il parlait alors d’une phase d’expérimentation, menée dans l’idée de rendre la présentation plus impressionnante à l’écran.
Dans ce nouveau communiqué, Level-5 dit aussi regretter la méfiance que l’affaire a fait naître chez les joueurs.
Level-5 s’excuse après Le backlash autour de ses vidéos promotionnelles
Le backlash a commencé presque aussitôt après la diffusion du showcase.
Des spectateurs ont repéré des anomalies visuelles dans des séquences liées à plusieurs des grosses licences de Level-5, parmi lesquelles Professor Layton, Yo-Kai Watch et DecaPolice. Sur les réseaux sociaux, les captures d’écran montrant des détails perçus comme incohérents se sont enchaînées, jusqu’à nourrir un rejet massif de la présentation.
L’exemple qui a le plus circulé concerne Yo-Kai Watch 2: Haunted Domain.
Des fans ont mis côte à côte la bande-annonce diffusée lors d’un Nintendo Direct et celle montrée pendant l’événement maison de Level-5. Ils y ont relevé des changements sur certains éléments du décor. Et c’est justement ce genre d’écarts, assez curieux au passage, qui a renforcé les soupçons sur la façon dont certaines images avaient été produites ou retouchées.
Le studio met aussi en cause des erreurs humaines
Dans son communiqué, Level-5 soutient toutefois que tout ce qui a été pointé du doigt ne venait pas forcément d’outils automatisés.
Le studio cite par exemple un distributeur, des câbles électriques et des gouttières. Selon lui, ces éléments avaient bien été dessinés à la main par un artiste, mais le résultat manquait de précision ou comportait des erreurs d’exécution.
En clair, Level-5 reconnaît un vrai problème de qualité dans certaines vidéos, sans accepter pour autant l’idée que chaque détail étrange remarqué par le public serait forcément issu d’une génération automatique.
Mieux vaut donc garder un peu de réserve sur ce point.
Pas d’usage direct dans les jeux, assure Level-5
C’est sur ce terrain-là que Level-5 cherche surtout à calmer le jeu.
D’après son communiqué, Professor Layton and The New World of Steam n’emploie pas directement ce type d’outils, et il n’y aurait « absolument aucun usage direct » de ces procédés dans le contenu des jeux eux-mêmes. Level-5 martèle que les éléments créatifs centraux restent conçus par des humains.
Le studio explique en revanche s’appuyer sur ces technologies pour aller plus vite sur certaines tâches de production, par exemple lorsqu’il s’agit de convertir des illustrations 2D en modèles 3D.
Et l’objectif annoncé est loin d’être anodin : faire passer le cycle de développement des gros projets d’environ cinq ans à deux.
Des bandes-annonces corrigées promises avant le Tokyo Game Show
Dans son communiqué, Level-5 promet désormais de revoir les vidéos mises en cause puis de les remettre en ligne dans une version corrigée avant le Tokyo Game Show.
Le studio précise aussi que la version diffusée chez Nintendo reposait sur un montage plus ancien, conservé à cause de contraintes de calendrier imposées par le partenaire.
Cette affaire résume assez bien un débat qui devient de plus en plus explosif dans le jeu vidéo.
D’un côté, les studios cherchent à accélérer la production. De l’autre, une partie du public y voit une menace directe pour l’intégrité artistique. Pour Level-5, l’horizon ne s’éclaircit donc pas vraiment : au moindre faux pas visuel, la polémique peut désormais se transformer en crise d’image en un rien de temps.