Plusieurs médias avancent en ce moment que Nvidia aurait trouvé un accord pour racheter Hugging Face autour de 12,9 milliards de dollars. Pour l’instant, ni Nvidia ni Hugging Face n’ont confirmé l’opération. Mais si elle se fait bien aux conditions citées par ces médias, la mise de 250 000 dollars prise très tôt par Kevin Durant, via Thirty Five Ventures, pourrait valoir plus de 60 millions de dollars.
Le chiffre évoqué placerait l’opération très loin au-dessus de la valorisation de 4,5 milliards de dollars obtenue par Hugging Face lors de sa série D en 2023. Et quand on le rapproche des revenus aujourd’hui estimés par plusieurs médias à environ 150 millions de dollars par an, la prime stratégique paraît énorme.
On voit assez bien ce que Nvidia irait chercher. Hugging Face s’est imposée comme un passage presque obligé pour les développeurs, les modèles open source et les jeux de données. La plateforme héberge des millions de modèles et de datasets, au point d’être souvent décrite comme un GitHub des modèles. Pour Nvidia, ce serait une façon d’étendre encore sa présence, du matériel jusqu’aux outils que les équipes techniques utilisent tous les jours.
L’investissement attribué à Kevin Durant aurait été réalisé en deux étapes, toujours selon plusieurs médias: 100 000 dollars dans le tour d’amorçage de 2018, puis 150 000 dollars de plus lors de la série A en 2019. À ce moment-là, Hugging Face n’avait pas encore l’image qu’on lui connaît aujourd’hui.
Au départ, Hugging Face était une application de chatbot pensée pour les adolescents. Puis l’entreprise a pris un virage net vers l’open source et les infrastructures logicielles pour modèles génératifs. C’est ce repositionnement qui l’a fait passer au rang de plateforme incontournable pour une large partie de l’écosystème.
À ce stade, le dossier reste pourtant incomplet. Une bonne part de l’attrait de Hugging Face vient justement de sa position assez neutre. La plateforme fonctionne aussi avec des environnements qui ne reposent pas uniquement sur Nvidia, y compris ceux liés à AMD, Google ou Intel.
Certains observateurs pensent donc qu’une intégration complète pourrait abîmer cette image d’indépendance et braquer une partie de la communauté qui a aidé le service à grandir. Et il y a un autre sujet à manier avec précaution: l’affirmation selon laquelle les salariés européens de Hugging Face détiendraient environ deux fois moins de capital que leurs homologues américains n’est pas étayée par les informations disponibles. Faute d’éléments solides, mieux vaut rester prudent.
En attendant une confirmation officielle, le tableau reste simple sur un point: si l’opération se conclut bien aux conditions rapportées par plusieurs médias, Kevin Durant aura signé l’un des plus beaux placements de célébrités dans la tech de ces dernières années. On suivra la suite de près.