À ce stade, les mesures publiées par MindStudio sont assez frappantes : sur un MSI Prestige N16 Flip équipé d’un GPU Nvidia RTX Spark, les performances peuvent s’effondrer sous Linux natif quand le portable est branché sur secteur, avec une perte qui va jusqu’à 80 %. Sur cette machine, MindStudio a relevé environ 65,4 jetons par seconde sous Windows avec le modèle GPT-OSS-120B, contre seulement 13,9 jetons par seconde sous Linux natif lorsqu’elle tourne sur secteur.
On parle donc d’une chute d’environ 79 % d’après ces mesures, alors même que le matériel ne donne pas l’impression d’être en surchauffe, ni d’être bloqué par la charge de travail elle-même. Plus étrange encore, toujours d’après MindStudio, le problème s’atténue largement dès que le PC portable passe sur batterie.
Linux sur secteur : pourquoi les performances chutent autant sur les portables Nvidia
D’après les tests menés par MindStudio, le ralentissement semble vraiment lié à un cas bien précis : Linux natif, avec la machine branchée. Sur batterie, les chiffres remontent nettement. On revient alors à un niveau bien plus proche de ce qui a été observé sous Windows, avec un GPU capable de grimper autour de 1,8 GHz au lieu de rester lourdement bridé.
Sous Windows, la puce monterait jusqu’à environ 2,2 GHz. Sous Linux natif sur secteur, en revanche, MindStudio l’a vue tomber vers 780 à 790 MHz. À elle seule, cette différence de fréquence suffit à expliquer l’écart massif de performances.
Et visiblement, la chaleur n’est pas en cause. Pendant les tests, les relevés de MindStudio faisaient état de températures plutôt basses, autour de 40 à 47 °C. Difficile, dans ces conditions, de parler d’un throttling classique provoqué par la température.
Le coupable probable : un composant de gestion d’énergie absent côté Linux
En fouillant le problème, MindStudio pointe surtout un responsable probable : le composant Nvidia Platform Controllers and Framework. D’après leur enquête, c’est lui qui pilote la répartition de puissance entre le CPU et le GPU à l’aide d’une table d’alimentation embarquée dans un firmware chiffré. Le hic, c’est que le pilote Linux ne saurait pas encore la déchiffrer.
Autre indice qui pèse dans ce sens : sous Windows, désactiver ce contrôleur ferait rechuter les performances à un niveau proche de celui relevé sous Linux sur secteur. Autrement dit, le souci ne viendrait pas du GPU en lui-même, mais bien de la façon dont l’alimentation est gérée selon le système d’exploitation.
WSL s’impose comme solution de contournement la plus simple
Pour ceux qui ont besoin d’un environnement Linux sans laisser trop de performances sur la table, la piste la plus crédible aujourd’hui reste le Sous-système Windows pour Linux, WSL. Dans les tests de MindStudio, WSL serait monté à environ 65,1 jetons par seconde, soit quasiment le niveau natif de Windows, ce qui n’a rien de très surprenant puisqu’il repose sur les pilotes Windows.
Et l’écart ne se limite pas à un benchmark. Sur une autre charge de calcul, toujours selon MindStudio, Windows aurait bouclé la tâche en environ 8 minutes. Sous Linux natif, sur ce même portable, il aurait fallu près de 37 minutes.
Un autre piège pour Linux : la mémoire unifiée
MindStudio signale aussi un autre point qui peut compliquer les choses : ces machines peuvent embarquer jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée, avec parfois 96 Go réservés par défaut au GPU dans le firmware. Là encore, ce réglage ne pourrait être modifié que depuis Windows. En pratique, un utilisateur Linux peut donc être obligé de passer d’abord par Windows pour tirer pleinement parti de la configuration matérielle.
Pour l’instant, ces observations reposent surtout sur un seul portable MSI équipé de Nvidia RTX Spark. Rien ne permet encore d’affirmer, preuves concrètes à l’appui, que d’autres modèles ou d’autres fabricants sont touchés de la même manière. Prudence, donc. À l’heure actuelle, MindStudio indique aussi que Nvidia n’a publié ni correctif ni prise de parole publique sur ce ralentissement très particulier. Nous vous tiendrons au courant.