Au cœur de KPop Demon Hunters, on apprend que le girl group HUNTR/X appartient à une lignée de Hunters vieille de plusieurs siècles. Et dans KPop Demon Hunters, Rumi ne se contente pas d’affronter les démons en secret aux côtés de HUNTR/X : la leader traverse aussi une crise bien plus intime, provoquée par des marques démoniaques qui ébranlent son identité et sa place parmi les chasseuses.
C’est là que se joue une grosse partie du lore. D’après ce que montre KPop Demon Hunters, l’histoire des Hunters ne commence pas avec HUNTR/X. Elle remonte au moins au XVIIe siècle en Corée, à l’époque où les premières chasseuses connues auraient déjà été actives pour protéger l’humanité contre les démons au service de Gwi-Ma, le roi démon.
Et le détail est loin d’être anodin : ces premières Hunters n’étaient pas des guerrières au sens classique du terme. Le film les présente comme un trio de mudang, des chamans coréennes capables de mêler rituel, performance et musique pour repousser les forces démoniaques. Dès le départ, le pouvoir des Hunters tient donc autant du spirituel que de l’artistique.
Dans KPop Demon Hunters, la musique ne sert d’ailleurs pas seulement à attaquer. La voix a aussi pour fonction de rassembler les humains, et cette union nourrit la magie des Hunters tout en consolidant la résistance du monde face à l’influence démoniaque.
C’est cette force qui alimente le Honmoon, une barrière mystique qui, dans le film, entoure le monde et bloque toute invasion démoniaque de grande ampleur. Rien n’est totalement étanche, cela dit : certains démons parviennent encore à s’infiltrer, ce qui explique l’existence de menaces comme les Saja Boys. Le film ne laisse pas vraiment de place au doute sur ce point. La musique n’est pas un simple vernis esthétique, c’est la source même du pouvoir.
Un autre motif revient sans cesse dans la chronologie des Hunters montrée à l’écran : les équipes sont presque toujours composées de trois membres. On aperçoit des groupes à différentes périodes, au XVIIe siècle, au XIXe, puis dans les années 1920, 1940, 1950, 1960, 1980 et 1990. De quoi laisser penser qu’il existe un véritable archétype mystique.
Leurs armes, souvent invoquées par magie dans KPop Demon Hunters, renforcent encore cette impression d’ordre ancien, presque codifié. Cette succession rapide suggère aussi autre chose : les Hunters n’ont sans doute pas des carrières très longues. Plutôt que de rester en place pendant des décennies, elles semblent être remplacées régulièrement par une nouvelle génération, comme si ce rôle avait vocation à se transmettre, plus qu’à être occupé durablement.
Le lien le plus direct avec Rumi passe, enfin, par les Sunlight Sisters, le groupe K-pop qui aurait précédé HUNTR/X dans les années 1990. Ce trio comprend deux figures capitales pour l’intrigue actuelle : Celine, qui deviendra plus tard la mentor de HUNTR/X, et Mi-yeong Ryu, la mère de Rumi. Du coup, le parcours de Rumi prend une autre épaisseur. Son histoire ne touche pas seulement à son identité démoniaque ; elle s’inscrit aussi dans un héritage familial et mystique déjà au centre de la guerre contre Gwi-Ma.
Et il reste encore d’énormes zones d’ombre.
Les équipes des années 1920, 1940 ou 1960, par exemple, sont à peine esquissées dans KPop Demon Hunters. Pour un univers construit autour de la musique, de la transmission et des générations, c’est un terrain presque idéal pour de futurs films, des séries ou des spin-off.