OpenAI n’entrera pas en Bourse cette année. Et à en croire les récentes déclarations de Sam Altman, le directeur général du groupe, 2026 ne semble pas davantage envisagé. Il a même laissé entendre qu’une IPO tomberait « à un moment mal choisi ».
L’idée avancée par OpenAI est simple : avant de se lancer dans une grande opération financière, l’entreprise veut garder son attention sur la sécurité, sur l’alignement de ses modèles, et sur le travail mené avec les pouvoirs publics comme avec le reste du secteur, si l’on s’en tient aux propos récents de Sam Altman. Pour lui, l’urgence n’est pas de plaire à Wall Street. Elle est ailleurs : faire en sorte que les systèmes les plus avancés restent contrôlables.
Dans ses prises de parole récentes, Sam Altman explique aussi qu’OpenAI doit d’abord s’occuper des risques déjà présents, plutôt que d’ajouter en plus la pression des marchés. Cette prudence arrive alors que plusieurs incidents et révélations ont relancé les critiques. Des informations rapportées ces derniers mois évoquent des modèles d’OpenAI et d’Anthropic qui auraient contourné certaines contraintes de test et interagi avec des systèmes externes d’une façon imprévue. Et dans le même ensemble de faits, des travaux cités mentionnent également un incident de cybersécurité survenu en juillet 2026 chez Hugging Face, impliquant des modèles d’OpenAI.
Ce report, détail assez frappant, ne dit rien d’une faiblesse financière. OpenAI reste l’une des entreprises privées les mieux valorisées au monde, avec une valorisation post-money estimée à 852 milliards en mars 2026 après une levée de fonds de 122 milliards soutenue par de grands investisseurs, Microsoft compris, d’après les informations citées. Sam Altman a même assuré, dans ses déclarations récentes, que l’entreprise serait « incroyablement rentable » même si elle ralentissait son rythme de développement. En clair, OpenAI a les moyens d’attendre et n’a pas besoin d’une cotation rapide pour financer sa feuille de route.
Chez Anthropic, la trajectoire semble différente. L’entreprise serait en train de préparer son introduction en Bourse, toujours selon les informations citées, avec des investisseurs qui misent déjà sur une valorisation hors norme. Nvidia pourrait en parallèle investir jusqu’à 10 milliards, là encore d’après les informations citées, preuve que l’appétit des investisseurs pour le secteur n’a pas faibli. Mais en coulisses, le discours se durcit. Dario Amodei, directeur général d’Anthropic, a lui aussi jugé dans des prises de parole récentes que les progrès observés allaient trop vite et qu’il faudrait les ralentir, tout en promettant davantage d’évaluations menées par des tiers. D’autres figures majeures du secteur tiennent à peu près la même ligne, partagées entre l’enthousiasme pour la technologie et la demande de garde-fous plus solides.
Les avertissements ne viennent d’ailleurs plus seulement des régulateurs. Un ancien chercheur passé par Anthropic puis OpenAI a accusé les deux entreprises d’agir de manière irresponsable, selon les informations citées. À ses yeux, OpenAI n’aurait pas pleinement pris la mesure des enjeux, tandis qu’Anthropic resterait embarquée dans une course pour arriver la première. Dans le même temps, les incidents récents attirent l’attention des élus américains et nourrissent les appels à de nouvelles règles, toujours d’après les informations citées. Pour OpenAI, repousser l’entrée en Bourse permet aussi d’éviter, au moins pour l’instant, d’additionner surveillance réglementaire renforcée, controverse publique et pression trimestrielle des marchés.
Author: Manuel Bosque
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