Ces derniers mois, Supaidāman, le Spider-Man japonais de la série télé Spider-Man, a refait surface sur le marché des objets de collection Marvel. Plusieurs figurines premium tirées de cette version ont relancé l’intérêt des fans, avec une visibilité qu’on voyait rarement pour un héros resté longtemps dans la catégorie des curiosités cultes.
Il faut quand même garder la tête froide. Dire qu’il existerait aujourd’hui une seule et unique « figurine Marvel la plus précieuse » est difficile à soutenir, tant ce marché bouge selon les éditions, l’état des pièces, leur rareté ou encore les ventes privées.
La dynamique, elle, ne fait guère de doute : Supaidāman est devenu l’un des sujets dont on parle le plus dans le collectionnisme Marvel.
Si ce personnage revient autant dans les conversations, c’est en grande partie grâce aux fabricants actuels. Hot Toys, Marvel Legends chez Hasbro et Bandai avec la gamme S.H.Figuarts ont tous sorti des versions soignées du Spider-Man japonais, avec un vrai soin apporté au costume télévisé des années 1970 et à ses accessoires les plus reconnaissables.
Le placement est clairement pensé pour des collectionneurs adultes, plus sensibles à la nostalgie, à la fidélité du design et à la présence en vitrine qu’à l’idée d’un simple jouet. Assez étonnamment, un personnage autrefois vu comme une étrangeté est devenu un produit premium recherché, commenté de partout, et souvent en rupture très vite.
Si cette incarnation attire autant, c’est aussi parce qu’elle part franchement ailleurs que le canon américain classique. Dans la série japonaise, d’après Marvel, le héros n’est pas Peter Parker mais Takuya Yamashiro, un pilote de motocross qui reçoit ses pouvoirs d’un extraterrestre venu de la planète Spider.
Cette origine, bien plus tokusatsu que pur comic book, donne au personnage une identité qu’on reconnaît tout de suite. Pour beaucoup de fans, c’est justement ce mélange improbable entre Marvel et la télévision japonaise de la fin des années 1970 qui fait tout le sel du personnage aujourd’hui.
L’autre grande particularité de Supaidāman, c’est Leopardon, le robot géant invoqué par le héros pour affronter des monstres. Cet ajout a laissé une vraie trace dans la culture pop japonaise : il a aidé à installer l’idée du mecha géant dans les productions télévisées de super-héros, un élément ensuite fortement associé à Super Sentai, puis, indirectement, à Power Rangers.
Bref, l’importance de cette série dépasse de loin son simple statut de curiosité Marvel.
Supaidāman n’est d’ailleurs plus seulement un vieux souvenir un peu étrange réservé aux collectionneurs avertis. Takuya Yamashiro a depuis retrouvé une place dans le canon Marvel via les histoires Spider-Verse de Marvel, ce qui a largement élargi sa notoriété.
La série documentaire Marvel’s 616 sur Disney+ a, elle aussi, remis cette production en lumière en consacrant un épisode à sa création, d’après Disney+. Entre la reconnaissance officielle, la visibilité retrouvée et l’arrivée de nouvelles figurines, le personnage connaît une seconde vie assez inattendue.
Même du côté de la critique, l’accueil a souvent été bienveillant. Stan Lee lui-même avait salué cette version japonaise comme une adaptation amusante et légitime de Spider-Man, selon Marvel.
Et même si certains collectionneurs relèvent encore quelques petits écarts de précision sur certaines figurines, la réception d’ensemble reste très positive. Pour un héros né dans l’étrangeté, la revanche a quelque chose d’assez spectaculaire.