L’USS John F. Kennedy (CVN-79), futur porte-avions de classe Ford de l’US Navy, a bouclé avec succès ses essais d’acceptation en mer le 15 août 2026, d’après la marine américaine. En clair, le navire a été poussé dans des conditions réelles pour vérifier son comportement avant sa livraison à l’US Navy, puis sa mise en service plus tard.
Ce succès ne fait pas disparaître les retards accumulés au fil du programme. En revanche, il marque un passage important pour ce superporte-avions nucléaire, appelé à devenir l’un des bâtiments clés de la flotte américaine au cours des prochaines décennies.
USS John F. Kennedy : un cap décisif avant la livraison
Les essais d’acceptation en mer font partie des toutes dernières grandes étapes avant le transfert officiel du navire à la marine américaine.
Pour l’USS John F. Kennedy, cette phase arrive après plusieurs reports, liés surtout à l’intégration de nouveaux systèmes embarqués. Au départ, la livraison était attendue pour juillet 2025. Elle a finalement glissé à mars 2027, si l’on s’en tient au calendrier communiqué par l’US Navy.
Le bâtiment doit encore passer par une phase dite de “Contractor Fitting Out”. Pendant cette période, les équipes du chantier et les industriels reprendront les derniers points relevés pendant les essais afin d’y apporter les corrections nécessaires.
Et ce ne sera pas encore la fin. Après la livraison, une autre séquence importante doit suivre avec la “Post-Shakedown Availability”, une période de modifications et d’ajustements destinée à corriger les défauts identifiés pendant les tests.
Le deuxième géant de la classe Ford
L’USS John F. Kennedy est le deuxième porte-avions de la classe Ford, après l’USS Gerald R. Ford (CVN-78).
Comme ce dernier, c’est un bâtiment à propulsion nucléaire pensé pour remplacer progressivement les porte-avions de la classe Nimitz.
Ses dimensions donnent tout de suite l’échelle du projet : environ 333 mètres de long, pour un déplacement qui tourne autour de 100.000 tonnes. Son coût d’acquisition, lui, est estimé à 13,2 milliards de dollars.
À ce niveau-là, le moindre retard ou la moindre difficulté technique prend aussitôt une dimension politique et budgétaire énorme.
Pourquoi la classe Ford est si importante
La classe Ford a été conçue pour faire mieux sur le plan opérationnel au sein de l’US Navy. Parmi les changements les plus marquants, on trouve un équipage réduit, une cadence de sorties aériennes plus élevée, le système de catapultage électromagnétique EMALS, les Advanced Weapons Elevators, ainsi que l’Advanced Arresting Gear pour la récupération des avions.
C’est là que les choses se compliquent. Les technologies censées rendre ces porte-avions plus efficaces et moins coûteux à exploiter sur la durée sont aussi celles qui ont provoqué une bonne partie des difficultés techniques rencontrées.
On l’avait déjà vu sur l’USS Gerald R. Ford. Et ces mêmes problèmes ont ensuite pesé sur le calendrier de l’USS John F. Kennedy.
Un enjeu stratégique pour la flotte américaine
En principe, la loi américaine impose à l’US Navy de maintenir 11 porte-avions actifs. Les retards pris par les nouveaux bâtiments ont donc obligé la marine à prolonger plus longtemps que prévu la vie de plusieurs navires plus anciens de la classe Nimitz.
L’arrivée future de l’USS John F. Kennedy est aussi scrutée dans un cadre géopolitique plus large. Au moment où la Chine modernise rapidement sa marine et développe des capacités antinavires pensées pour menacer les groupes aéronavals américains, chaque nouveau porte-avions pèse lourd.
L’USS John F. Kennedy n’est pas encore prêt pour le service actif. Mais la réussite de ses essais en mer montre, toujours d’après l’US Navy, que la marine américaine se rapproche enfin d’un renfort attendu depuis longtemps. C’est une très bonne nouvelle, même s’il vaut mieux garder une certaine prudence tant que la livraison n’a pas eu lieu et que les dernières corrections ne sont pas terminées.