Digger, le nouveau film mené par Tom Cruise, s’est planté dès son premier week-end: 8 millions de dollars en Amérique du Nord, 20 millions dans le monde, d’après les premiers chiffres du box-office. C’est très loin des 12 à 15 millions attendus sur le seul marché nord-américain, d’après les projections. Pour Tom Cruise, qu’on associe d’habitude aux gros lancements et aux cartons mondiaux, le choc est net: on tient déjà l’un des plus mauvais démarrages de sa carrière, et l’un de ses rares vrais revers industriels depuis The Mummy en 2017.
Un démarrage catastrophique au box-office pour Digger
La claque est d’autant plus visible que Digger n’avait rien d’un petit pari discret.
D’après plusieurs estimations, le film aurait coûté entre 125 et 180 millions de dollars en production. Il faudrait ajouter à cela environ 100 millions de marketing. À ce niveau-là, ouvrir à 20 millions dans le monde n’a rien d’anodin, c’est franchement alarmant.
L’international n’a pas rattrapé le coup. En dehors des États-Unis et du Canada, Digger n’aurait engrangé que 12 millions de dollars, toujours selon ces premiers chiffres du box-office.
Pour l’instant, on manque encore de détails territoire par territoire, ce qui empêche de repérer d’éventuels marchés où le film tiendrait un peu mieux.
Mais vu d’ici, le résultat paraît faible presque partout. On suivra l’évolution dans les prochains jours.
Mauvaises critiques, bouche-à-oreille fragile
Digger a aussi été vite freiné par un accueil tiède, parfois carrément mauvais. Le film affiche 51 % sur Rotten Tomatoes, un score qui dit assez bien à quel point la critique est partagée.
Et du côté du public, le signal n’est pas meilleur. Le long-métrage a décroché un C+ au CinemaScore, une note qui annonce souvent un bouche-à-oreille trop faible pour relancer la fréquentation dans les jours qui suivent.
Ce genre de réception pèse lourd, surtout pour un film original qui n’a ni l’appui d’une franchise connue ni une promesse de spectacle facile à vendre en une phrase.
Un pari créatif risqué pour Tom Cruise
Mis en scène par Alejandro G. Iñárritu, Digger se présente comme une comédie noire absurde, avec en plus une satire autour du changement climatique.
Tom Cruise y joue Digger Rockwell, un magnat du pétrole directement lié à une apocalypse climatique imminente.
Sur le papier, l’idée d’associer Tom Cruise à Alejandro G. Iñárritu avait de quoi intriguer. Dans la pratique, on a surtout l’impression que ça a rendu le film plus difficile à positionner.
Parce qu’au fond, ce mélange de satire, d’humour noir et de commentaire écologique a pu brouiller les attentes. Pour une partie du grand public, voir Tom Cruise dans un rôle aussi décalé l’éloigne fortement des films d’action plus immédiats auxquels son nom reste attaché.
Un mauvais signal aussi pour Warner Bros.
L’échec de Digger ne raconte pas seulement quelque chose sur Tom Cruise.
Le film compte aussi pour Warner Bros., puisque c’est le dernier titre distribué par le studio comme entité autonome avant la fusion annoncée avec Paramount Skydance. Et dans une année 2026 déjà compliquée, cette contre-performance laisse un goût amer au moment de tourner la page.
Mieux vaut quand même éviter les conclusions trop définitives.
Sauf énorme surprise dans les prochaines semaines, Digger risque surtout d’alimenter un débat bien connu à Hollywood: jusqu’où le pouvoir d’attraction d’une star peut encore porter un film quand le concept se vend mal et que le bouche-à-oreille part du mauvais pied.