Avant les élections américaines de mi-mandat de 2018, Michael Douglas s’était avancé sur une large poussée démocrate, au point d’annoncer un sérieux revers pour Donald Trump. Les résultats ont raconté une histoire plus nuancée. Les démocrates ont bien repris la Chambre des représentants, mais le Sénat est resté aux mains des républicains. La « déroute » annoncée par l’acteur n’a donc pas vraiment eu lieu.
Michael Douglas, démocrate de longue date et généreux donateur du parti, ne cachait pas ses attentes. À l’époque, dans un climat politique extrêmement polarisé, beaucoup présentaient ce scrutin comme un test grandeur nature de la présidence Trump. Avec quelques années de recul, on voit surtout un résultat plus mitigé que ne le laissait entendre la prédiction de la star hollywoodienne.
Michael Douglas voyait une vague démocrate emporter le camp Trump
Pour Michael Douglas, Donald Trump, alors président républicain, se contentait de « ressasser ses promesses et ses refrains ». L’acteur jugeait que l’appui au président commençait à se fissurer, y compris dans certaines parties du Midwest, pourtant peu enclines à voter démocrate depuis longtemps.
Son pronostic allait même plus loin, puisqu’il envisageait un basculement du Sénat, alors que cette chambre passait justement pour le terrain le plus compliqué à reprendre aux républicains. Dans son esprit, l’élan démocrate ne relevait plus d’un simple sursaut militant. Il y voyait un mouvement national, alimenté par la lassitude d’une partie des électeurs face au style de Donald Trump et à sa manière de faire de la politique.
Pourquoi le contrôle du Congrès comptait autant
À Washington, l’enjeu dépassait de loin la seule portée symbolique du vote. Si les démocrates récupéraient au moins une des deux chambres, ils retrouvaient aussi des outils institutionnels de premier plan : la présidence de commissions, le pouvoir d’enquête et la possibilité de délivrer des assignations à comparaître pour obtenir documents et témoignages.
Concrètement, une victoire démocrate pouvait relancer des dossiers touchant à d’éventuels conflits d’intérêts, à des accusations de favoritisme ou encore à des membres de l’entourage présidentiel. Michael Douglas estimait pourtant que les démocrates n’auraient pas intérêt à foncer tout de suite dans l’affrontement. Selon lui, le parti devait d’abord s’attaquer aux préoccupations les plus concrètes du quotidien, en particulier le coût de la vie, et les questions d’accessibilité, avant d’ouvrir un front direct sur les affaires liées à Donald Trump et à ses proches.
Un scrutin 2018 bien moins tranché que prévu
Sur le fond, les élections de mi-mandat de 2018 ont bien montré un recul républicain dans plusieurs bastions. Les résultats ont permis aux démocrates de reprendre la Chambre des représentants en arrachant 41 sièges aux républicains, ce qui leur a suffi pour redevenir majoritaires.
Mais la « boucherie » qu’espérait Michael Douglas ne s’est pas produite à l’échelle de tout le Congrès. Au Sénat, les républicains ont même consolidé leur position, portant leur majorité à 53 sièges. Le signal envoyé par les électeurs était donc double : un avertissement adressé à Donald Trump dans plusieurs circonscriptions suburbaines et modérées, et, ailleurs, la confirmation d’un socle républicain toujours solide.
Une phrase restée célèbre, mais sans grand effet politique
Comme souvent quand une célébrité prend position, la sortie de Michael Douglas a surtout frappé par sa formule. Son effet réel sur le vote, lui, reste impossible à mesurer sérieusement.
Mieux vaut d’ailleurs garder une part de prudence. La source originale exacte et la date précise de cette citation de Michael Douglas ne se laissent pas vérifier facilement dans les archives accessibles. Reste que cette déclaration résume assez bien l’état d’esprit d’une partie d’Hollywood en 2018 : la conviction qu’une vague bleue pouvait stopper net Donald Trump. Sur la Chambre des représentants, les urnes lui ont donné raison. Sur l’ampleur du raz-de-marée annoncé, beaucoup moins.