L’industrie des jeux vidéo fait face à une crise en raison du manque de titres ambitieux, une situation aggravée par les longs et compliqués processus de développement. Les entreprises se sont limitées à lancer un ou deux jeux par génération, un fait qui a suscité des inquiétudes parmi les joueurs et les développeurs. Jack Buser, responsable de Google Cloud, souligne que l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans les studios pourrait être la clé pour accélérer ces processus, cependant, la réalité pourrait être différente. C’est le seul moyen de rendre l’industrie durable Bien que l’on estime qu’environ […]
L’industrie des jeux vidéo fait face à une crise en raison du manque de titres ambitieux, une situation aggravée par les longs et compliqués processus de développement. Les entreprises se sont limitées à lancer un ou deux jeux par génération, un fait qui a suscité des inquiétudes parmi les joueurs et les développeurs. Jack Buser, responsable de Google Cloud, souligne que l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans les studios pourrait être la clé pour accélérer ces processus, cependant, la réalité pourrait être différente.
C’est le seul moyen de rendre l’industrie durable
Bien que l’on estime qu’environ 90 % des studios ont déjà mis en œuvre des solutions d’IA, les développeurs ont signalé une diminution de la productivité, avec une étude de METR indiquant que la vitesse de développement a chuté de 19 %. Cela contraste fortement avec la croyance répandue parmi les créateurs que l’IA leur permettrait d’avancer 20 % plus rapidement. Ce décalage entre les attentes et les résultats reflète la complexité d’intégrer ces nouveaux outils.
Buser, dans sa déclaration lors d’un podcast, a souligné que le cas de Stadia a appris à Google à se positionner comme un soutien pour les développeurs plutôt que comme une entreprise qui développe et lance des jeux vidéo par elle-même. La direction actuelle de l’entreprise cherche à offrir des outils qui optimisent la création de jeux, permettant aux studios de passer de la conception à la réalité d’un titre de manière plus efficace.
Malgré les promesses que comporte l’utilisation de l’IA, le panorama reste incertain. L’industrie a connu une augmentation des fermetures et des licenciements, ce qui a conduit beaucoup à se demander si nous verrons bientôt une réelle amélioration dans la production de titres AAA. En attendant, le cycle des lancements semble continuer sur un chemin de plus en plus désolant.
Un autre viendra qui me fera du bien. Ce dicton populaire, peu utilisé selon le Centre Virtuel Cervantes, s’applique très bien à Shawn Layden. Très peu apprécié pendant son mandat à la tête de Sony, il connaît une sorte d’arc de rédemption. Sans le poids de devoir diriger une multinationale, il semble que ses opinions soient très différentes de celles qu’il avait lorsqu’il était à la barre. Ou du moins, beaucoup plus sensées que celles de ceux qui sont maintenant à la tête de ce même navire. Car une fois de plus, l’ancien dirigeant et leader de la marque japonaise a décidé […]
L’expression « un autre viendra qui me fera paraître bon » convient bien à Shawn Layden. Peu apprécié durant son mandat chez Sony, il connaît aujourd’hui une forme de réhabilitation. Délivré des responsabilités d’une multinationale, il semble exprimer des opinions bien plus réfléchies qu’à l’époque, ou en tout cas plus sensées que celles de ses successeurs actuels. En effet, l’ancien dirigeant emblématique de la marque japonaise vient de faire à nouveau des déclarations inattendues pour un ancien cadre.
Après 30 ans de carrière chez Sony, Layden connaît parfaitement les rouages de l’entreprise. Cela lui a valu d’être aujourd’hui conseiller auprès de plusieurs grands groupes, dont Tencent, le géant chinois, où il recommande une approche à contre-courant de celle de l’industrie actuelle : réduire l’ampleur des projets, des équipes, et ainsi diminuer les budgets.
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Pour Layden, il est nécessaire de revenir à des jeux à budget modeste. La logique de croissance perpétuelle ne fonctionne pas. Selon lui, « lorsqu’un jeu coûte 5 millions de dollars à produire, il peut être vendu 59,99 dollars ; mais lorsqu’il en coûte 125 millions, le vendre 59,99 dollars ne tient pas. Les chiffres ne sont pas viables ». En clair, les coûts actuels des jeux vidéo sont ingérables, d’autant plus que « les joueurs refusent de payer plus de 60 dollars pour un jeu ».
Nous avons vu cette dynamique évoluer ces dernières années : les budgets en hausse à chaque nouvelle génération ont conduit à une augmentation du prix de vente des jeux. Passant de 60 à 70 euros, ils semblent se diriger vers les 80 euros. Mais cela a un impact : à ce prix, les ventes sont moins importantes dès la sortie, les joueurs préférant attendre les remises pour acheter.
Selon Layden, l’industrie se heurte à un mur. Lorsqu’un jeu triple-A nécessite 150 millions de dollars, il devient impératif de produire une suite. Les calculs financiers imposent cette décision, car le prix de vente d’un jeu ne correspond plus à son coût de production. De fait, si un jeu fonctionne, les dirigeants préfèrent miser sur ce qui est éprouvé plutôt que de prendre des risques avec quelque chose de nouveau.
C’est pour cette raison qu’il existe tant de jeux similaires, de DLC, de microtransactions et de passes de combat : des moyens de rentabiliser en minimisant les risques dans une économie devenue bancale. Que propose donc Layden ? En un mot : « revenir à des projets plus modestes ». Créer des jeux aux budgets réduits et plus faciles à produire.
« Il est temps de repenser radicalement le modèle économique, de revoir ce qu’est un jeu vidéo », affirme-t-il. Des budgets colossaux, des jeux de plus de 50 heures, des graphismes hyperréalistes sont insoutenables pour une industrie qui peine à s’auto-suffire. Cela nécessite de repenser la production, mais aussi notre perception des jeux vidéo et ce qu’ils devraient représenter.
La proposition de Layden est-elle réalisable ? Seul l’avenir le dira. Mais lorsque l’ex-président de Sony déclare que le modèle actuel est voué à l’échec, il ne s’agit peut-être pas de simples discours alarmistes. Il est peut-être temps de repenser l’industrie du jeu vidéo et de redéfinir ce que devrait être un jeu vidéo.