AMD a passé le cap des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière le 21 septembre 2026, selon les données de marché de la séance. L’action a grimpé de 10 % lundi, d’environ 25 % sur cinq jours et de près de 180 % depuis le début de l’année. Résultat, Advanced Micro Devices (AMD) entre à son tour dans le cercle très restreint des géants américains des semi-conducteurs à ce niveau, portée surtout par l’accélération de ses activités dans les centres de données.
Avec ce seuil hautement symbolique, AMD devient le quatrième fondeur-concepteur américain à atteindre ce niveau, après Nvidia, Broadcom et Micron, toujours d’après les données de marché.
Le montant a de quoi frapper les esprits, mais il dit aussi une chose assez simple: AMD reste encore à bonne distance de Nvidia. La valorisation de ce dernier tourne autour de 5 400 milliards de dollars, soit plus de cinq fois plus, selon les données de marché. Cet écart montre à quel point Nvidia continue de dominer la hiérarchie du secteur, même si AMD grignote progressivement du terrain sur certains segments stratégiques.
Ce qui alimente vraiment cette envolée, ce n’est ni le PC ni le gaming. Ce sont les centres de données. Au deuxième trimestre 2026, AMD a publié un chiffre d’affaires de 11,54 milliards de dollars, en hausse de 50 % sur un an, selon ses résultats trimestriels.
À lui seul, le pôle Data Center d’AMD a généré 6,7 milliards de dollars, soit une progression de 107 %, d’après ces mêmes résultats trimestriels. Lisa Su, la PDG d’AMD, a indiqué que cette activité pourrait encore doubler d’ici 2027. Dit plus directement, le groupe mise sur une demande qui resterait soutenue pendant plusieurs années chez les grands opérateurs cloud et les plateformes de calcul massif.
AMD a aussi musclé son offensive produit avec AMD Helios, une infrastructure rackscale clé en main, ainsi qu’avec ses processeurs AMD EPYC de 6e génération, connus sous le nom de code Venice.
Sur les accélérateurs, plusieurs grands clients, dont Meta et Anthropic, sont attendus sur des déploiements à grande échelle fondés sur les AMD Instinct MI455X, selon AMD. L’autre front, c’est le logiciel. AMD continue d’élargir l’écosystème AMD ROCm avec ROCm 10 et une nouvelle déclinaison pensée pour faciliter l’accès à ses accélérateurs, avec en ligne de mire une ambition claire: proposer enfin une alternative plus solide à CUDA chez Nvidia.
Reste que l’enthousiasme en Bourse n’efface pas les zones de risque. Certains analystes estiment désormais que la valorisation commence à être tendue. Et la concurrence, elle, ne relâche rien, aussi bien face à Nvidia sur les accélérateurs que face à Intel sur les serveurs et le PC.
Il faut donc garder la tête froide. Pour les joueurs, le tableau est même plus contrasté. AMD a vu son chiffre d’affaires dans le jeu reculer de 31 % au deuxième trimestre 2026, selon ses résultats trimestriels, preuve que ce segment ne profite pas du tout du même élan que les centres de données. À cela s’ajoutent des informations faisant état de possibles hausses de prix d’environ 10 % sur certaines cartes graphiques grand public et certains chipsets, en lien avec les coûts de production chez Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC).
C’est évidemment une très bonne nouvelle pour AMD. Mais côté joueurs, la vraie question reste beaucoup plus concrète: est-ce que cette réussite finira un jour par se traduire par de meilleures cartes, plus faciles à trouver, et à des prix un peu moins douloureux ?