À Pwn2Own Ireland 2026, le Google Pixel 10 a été piraté trois fois, d’après la Zero Day Initiative. À lui seul, le téléphone a permis aux chercheurs en sécurité de décrocher plus de 560 000 dollars. Aucune autre catégorie n’a autant payé pendant la compétition, qui a distribué plus de 1,2 million de dollars au total et fait remonter 98 failles zero-day.
Au final, toujours selon la Zero Day Initiative, les participants sont repartis avec plus de 1,2 million de dollars et 98 vulnérabilités zero-day découvertes au passage.
Les démonstrations ont touché un éventail assez large de produits et de services: smartphones, imprimantes, enceintes connectées, hubs domotiques, appareils de santé connectés, sans oublier des bases de données dans le cloud.
La démo la plus marquante est venue d’Ikotas Labs. L’équipe a empoché, d’après la Zero Day Initiative, la récompense maximale de 300 000 dollars grâce à une chaîne de plusieurs failles capable de compromettre à distance un Google Pixel 10.
Dans ce genre de concours, les plus gros montants vont presque toujours aux attaques les plus difficiles à monter, surtout quand elles aboutissent à une prise de contrôle complète avec peu, voire pas, d’intervention de la victime.
Deux autres équipes ont aussi réussi à faire tomber le Google Pixel 10. Tim Becker et Yves Bieri ont reçu 150 000 dollars, toujours selon la Zero Day Initiative, pour une attaque qui s’appuyait en partie sur une faille déjà connue.
De leur côté, Dimitrios Valsamaras et Ken Gannon ont touché 112 500 dollars pour une chaîne d’exploitation mêlant un zero-day à une vulnérabilité déjà documentée. À lui seul, le Google Pixel 10 a donc absorbé une part massive des récompenses distribuées cette année, ce qui confirme au passage l’intérêt persistant des chercheurs pour les smartphones haut de gamme les plus récents.
Le Google Pixel 10 a monopolisé l’attention, mais il n’a pas été la seule cible visée pendant l’événement. Une attaque contre l’enceinte connectée Sonos Era 300 a rapporté 50 000 dollars, d’après la Zero Day Initiative.
Des exploits visant le Samsung Galaxy S26 et Home Assistant Green ont, eux, rapporté autour de 30 000 dollars chacun. Et dans des catégories plus classiques, des imprimantes Lexmark et Brother ont été compromises pour 20 000 dollars, tout comme le Garmin Index BPM, un appareil connecté de suivi santé.
Ça rappelle surtout une chose: la surface d’attaque reste très large, y compris sur des produits que le grand public considère souvent comme secondaires.
Comme le prévoit la Zero Day Initiative, les détails techniques de ces attaques ne sont pas publiés dans l’immédiat. Les informations sont transmises de façon confidentielle aux fabricants concernés, qui disposent en général de 90 jours pour proposer des correctifs avant qu’une divulgation plus complète n’entre en jeu.
Plus étonnant, malgré une prime maximale fixée à 300 000 dollars, ni l’iPhone 17 ni WhatsApp n’ont été ciblés cette année, toujours d’après la Zero Day Initiative. Un rappel utile sur la logique de Pwn2Own: la valeur d’une cible ne suffit pas à elle seule à attirer les chercheurs. La difficulté technique, le temps de préparation et les chances de réussite comptent tout autant.