Au moment où l’on écrit ces lignes, OpenAI et Samsung auraient déjà bien avancé sur la production conjointe et la recherche autour de puces de nouvelle génération. C’est en tout cas ce qu’a indiqué Harrison Kim, le directeur général d’OpenAI Korea. Si cela se confirme, Samsung Foundry, la branche fonderie du groupe coréen, pourrait fabriquer une partie des futurs processeurs d’OpenAI aux côtés de TSMC, même si personne n’a encore précisé ce que recouvrirait exactement ce partenariat.
Si cette trajectoire se confirme, OpenAI ne dépendrait donc plus uniquement de TSMC pour ses accélérateurs maison. Derrière ce choix, on lit assez facilement une stratégie de double approvisionnement, avec ce qu’elle raconte au passage : des volumes attendus très élevés, et un besoin de plus en plus pressant de verrouiller la chaîne logistique.
Le fait saillant, aujourd’hui, c’est surtout celui-ci : Samsung Foundry semble bel et bien avoir rejoint la course pour produire une partie des prochaines puces d’OpenAI.
Pour le reste, le flou demeure. À ce stade, personne n’a détaillé l’étendue exacte du partenariat. On peut parler de simple capacité de gravure, d’un vrai travail de co-développement, ou d’une implication plus large dans la chaîne industrielle.
Mieux vaut donc rester prudent.
On suivra ça de près.
Une hypothèse paraît tout de même assez solide : Samsung n’interviendrait sans doute pas sur la première génération déjà lancée, mais plutôt sur ce qui viendra ensuite.
Les propos de Harrison Kim portent en effet sur des « puces de nouvelle génération ». Dit autrement, Samsung viserait plutôt un successeur qu’un simple second site de production pour un design déjà existant.
Car, pour l’instant, le programme matériel d’OpenAI repose sur une autre organisation.
D’après plusieurs informations venues de l’industrie, sa première puce personnalisée dédiée à l’inférence, Jalapeño, a été définie par les ingénieurs d’OpenAI, co-conçue avec Broadcom, puis fabriquée et assemblée par TSMC.
Toujours selon ces mêmes échos du secteur, ce premier composant serait arrivé en production en moins de 18 mois. Pour ce genre de projet, c’est un rythme franchement rapide.
Du coup, le rapprochement avec Samsung ne remet pas en cause le rôle central que TSMC joue aujourd’hui sur Jalapeño. Il dit plutôt autre chose : OpenAI serait déjà en train de préparer la suite de sa feuille de route matérielle.
Passer d’un fournisseur unique à une double source d’approvisionnement, ce n’est pas un détail.
Pour une entreprise qui déploie des infrastructures de calcul gigantesques, l’intérêt est clair : réduire le risque lié à une production trop concentrée géographiquement, tout en étant capable d’absorber des besoins qui peuvent devenir colossaux en accélérateurs.
Google, Amazon et Meta ont déjà pris cette direction depuis plusieurs années. L’objectif, chez eux, est connu : gagner en performance, moins dépendre de Nvidia, et mieux tenir les coûts d’exploitation des grands modèles.
Le rapprochement avec Samsung, d’ailleurs, ne sort pas de nulle part.
Samsung et SK hynix occupent déjà une place importante dans l’infrastructure liée à OpenAI, notamment grâce à la fourniture de mémoire avancée, y compris de mémoire à bande passante élevée, pour de grands déploiements de centres de données comme Stargate.
De quoi renforcer encore le poids de l’écosystème sud-coréen dans les ambitions matérielles d’OpenAI.
Reste à voir si Samsung sera simplement un partenaire industriel de plus, ou l’un des piliers de la prochaine génération de puces maison de l’entreprise.