X-Files : 30 ans après, « Home » reste l’épisode le plus terrifiant

« Home », deuxième épisode de la saison 4 de X-Files, la série de Chris Carter, a été diffusé le 11 octobre 1996 sur Fox. Près de trente ans plus tard, il reste l’un des objets les plus dérangeants jamais passés par la télévision américaine. X-Files a souvent été célébrée pour ses monstres, ses extraterrestres et ses mystères laissés sans réponse. Avec « Home », la série prend une autre voie, bien plus sèche : une horreur frontale, sans échappatoire, et entièrement humaine. Sa réputation n’a fait que grossir avec le temps, au point qu’on le cite encore parmi les très grands épisodes de X-Files et, plus largement, comme une pièce majeure du fantastique télévisé.

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Le scénario est signé Glen Morgan et James Wong, avec Kim Manners à la réalisation. Dans cet épisode, Mulder et Scully sont envoyés à Home, en Pennsylvanie, après la découverte du corps enterré d’un nouveau-né gravement difforme. Leur enquête les conduit vers la famille Peacock, trois frères retranchés dans une ferme en ruine, à l’écart de tout, coupés du monde et de toute forme de vie sociale.

C’est là que l’épisode frappe vraiment. Contrairement à tant d’histoires de X-Files, il n’y a ici rien de paranormal. Toute l’horreur vient de quelque chose de tangible, de proche, et c’est sans doute ce qui la rend si difficile à effacer. « Home » touche à l’inceste, à l’infanticide, à une violence graphique très dure, puis à la brutalité avec laquelle les Peacock réagissent quand les agents entrent chez eux. Sans filtre fantastique pour créer de la distance, l’ensemble devient presque irrespirable.

L’épisode est aussi resté célèbre pour le remous qu’il a provoqué chez Fox. D’après Fox, ce fut le premier et le seul épisode de la série originale à recevoir une classification TV-MA, ainsi que le premier épisode de X-Files diffusé avec un avertissement au public. Toujours selon Fox, la chaîne, visiblement refroidie par la controverse, a ensuite évité de le rediffuser pendant près de trois ans, jusqu’à une soirée spéciale Halloween en 1999.

Et pourtant, lors de sa première diffusion, « Home » a réuni environ 18,85 millions de téléspectateurs, toujours selon Fox. Les réactions, elles, étaient coupées en deux : beaucoup louaient la qualité de l’écriture et de la mise en scène, d’autres trouvaient la violence franchement excessive. Même en interne, le script aurait été vu, selon Fox, comme quelque chose de particulièrement extrême.

Avec le recul, « Home » ressemble souvent à une version cauchemardée du rêve de la petite ville américaine : la famille comme lieu de corruption, l’isolement rural, la pauvreté, le repli sur la tradition. L’épisode retourne contre lui-même tout l’imaginaire du foyer et de la communauté, jusqu’à en faire une machine à malaise. Et l’usage de « Wonderful! Wonderful! » pousse encore plus loin ce décalage entre l’innocence de façade et l’horreur absolue.

Son empreinte dépasse largement le cadre de X-Files. Beaucoup considèrent qu’il a repoussé ce qu’une chaîne généraliste pouvait montrer en matière d’horreur, tout en ouvrant la porte à une peur d’un autre type, plus nue, plus réelle, sans monstres ni surnaturel. Une véritable suite directe a bien été envisagée, mais elle n’a jamais vu le jour. Plus tard, l’épisode « Home Again », dans la saison 10 de X-Files, a parfois été lu comme une suite spirituelle, sans retrouver pour autant la même aura.

Les classements, on sait ce qu’ils valent. Mais si « Home » continue de marquer autant en 2026, la raison tient peut-être à quelque chose de très simple : les monstres imaginaires finissent par vieillir. La terreur humaine, elle, ne s’use pas.

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Le documentaire de Netflix sur Raygun, la danseuse de breakdance virale des Jeux olympiques, est en train d’énerver le public… et à juste titre

Les derniers Jeux olympiques ont été un exemple de dépassement de soi et d’esprit sportif. Cela ne change jamais. Mais il y a aussi eu un spectacle dont on ne se souviendra pas précisément pour avoir représenté le meilleur du sport et de l’humanité. Cela s’est produit pendant l’épreuve de breakdance, dont il avait été décidé avant les Jeux qu’il ne serait pas reconduit comme discipline olympique lors des prochaines éditions, quand l’une des participantes a offert une prestation qui a bouleversé le monde entier. Et certainement pas pour sa qualité.

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Raygun a fait ses débuts aux Jeux olympiques et a laissé tout le monde sidéré avec des mouvements qui ne ressemblaient pas à du breakdance. Ni à rien de vaguement artistique ou sportif. Provoquant pendant des jours des discussions sur qui, comment et pourquoi sa prestation avait été autorisée aux JO, elle a été l’un des grands sujets de conversation de ces Jeux. Et maintenant Netflix sort un documentaire sur elle, Untold Raygun: Breaking Badly, qui est aussi polémique que son personnage principal.

Un peu de contexte

Le documentaire insiste beaucoup sur les origines de Raygun, de son vrai nom Rachael Gunn. Découvrant le monde du breaking grâce à Samuel Free, qui deviendra son entraîneur et est aujourd’hui son mari, elle consacrerait son temps à apprendre cette discipline à la croisée de l’art et du sport au fil des années en compétition dans son Australie natale. Pour nous démontrer son dévouement, le documentaire fait intervenir deux personnes avec qui elle a concouru pendant dix ans : Flix et Tinylocks.

Ce n’est pas très convaincant quand aucune des filles ne semble vouloir à aucun moment reconnaître les mérites de Gunn. Évitant toujours de lui reconnaître le moindre talent et la qualifiant à plusieurs reprises d’“étrange et unique”, le documentaire, bien qu’il insiste pour présenter Gunn sous un jour favorable, n’y parvient à aucun moment. Surtout quand toutes les deux se montrent extrêmement surprises lorsque Gunn a réussi à se qualifier pour représenter l’Océanie aux Jeux olympiques après avoir remporté le tournoi qualificatif.

À partir de là, le documentaire se concentre sur la conscience qu’a Gunn de ne pas être à la hauteur de la situation. Du fait que toutes les autres participantes sont très loin devant elle en matière de technique et de maîtrise du breakdance pour participer à la compétition. Quelque chose qui lui provoque une anxiété terrible.

C’est ici que le documentaire se montre le plus sincère et le plus intéressant. Quand il essaie de nous montrer une femme vulnérable et qui, vraiment, n’était pas consciente de ce qu’elle faisait en découvrant ce qui se passe. C’est là qu’il y a quelque chose de sincère et d’intéressant dans ce documentaire et qui éclaire quelque chose que nous nous demandions tous, comment une chose pareille a-t-elle pu arriver aux Jeux olympiques ? Malheureusement, ce n’est pas cela qui intéresse le documentaire.

Une fin catastrophique

La fin du documentaire donne la parole à son coach et mari pour dire que “la prestation a touché les gens, que ce soit par une émotion et un divertissement sincères ou par l’indignation. Elle a suscité le débat et fait parler le monde entier“, comme si c’était cela le plus important que nous devions retenir de ce qui s’est passé avec Gunn. Ruinant en fait tout ce que nous avons vu jusqu’à présent.

Si le documentaire a quelque chose d’intéressant, du moins en partie, c’est qu’il annule cette perspective. C’est qu’il affirme que tout ne se vaut pas. Que susciter le débat, faire parler les gens sans raison valable, sans chercher quelque chose de concret à dire, ne sert à rien ; l’art, sans chercher à susciter une émotion ou une réflexion précise, est un acte inutile. Ce n’est rien d’autre que les gestes creux d’un incapable ou d’un idiot. Mais la fin du documentaire montre qu’ils ne l’ont pas compris. Ni les responsables du documentaire ni Free ni Gunn elle-même : tout ne se vaut pas.

C’est cela le plus triste. Que malgré tout ce qu’elle a traversé, elle continue sans le comprendre. Qu’après s’être approprié une place qui aurait pu revenir à quelqu’un de plus apte, qui aurait pu exprimer quelque chose de sincère et de véritable et qui aurait vraiment voulu communiquer quelque chose de concret et de spécifique, elle ne comprend toujours pas ce qu’elle a fait ni pourquoi ce n’est pas bien. Et elle a fait un documentaire pour essayer de nous faire croire qu’au fond, c’est une bonne chose. C’est le plus triste de tout. Qu’elle continue sans comprendre sa propre misère, qu’elle nous vend maintenant sur Netflix.

Tesla Cybercab à Austin: les secours pourraient déjà le pousser à la main

Tesla fait déjà rouler ses Cybercabs dans quelques zones bien délimitées d’Austin, au Texas. Et un document transmis aux autorités texanes montre que, dès qu’il y a un accident, une panne ou simplement un véhicule arrêté en travers de la route, les secours pourraient être amenés à le pousser eux-mêmes, voire à corriger sa trajectoire à la main. Les premiers essais concrets du service de transport autonome de Tesla portent sur un véhicule deux places sans volant ni pédales.

D’après un plan d’interaction avec les services de secours, un document de 69 pages remis par Tesla au Department of Public Safety du Texas, le premier réflexe prévu est simple: contacter Tesla.

L’idée, c’est que l’entreprise essaie d’abord de déplacer le Cybercab à distance s’il bloque une voie ou s’il reste immobilisé. Le manuel ajoute que, dans certains cas où le véhicule conserve encore une partie de ses fonctions, des commandes présentes à bord peuvent servir à le bouger. En pratique, Tesla mise d’abord sur une reprise en main par l’entreprise, ou par les systèmes du véhicule eux-mêmes, avant d’en arriver à une intervention physique des secours.

Si rien de tout cela ne fonctionne, le Cybercab peut être poussé pour libérer la chaussée, mais seulement si plusieurs conditions de sécurité sont remplies, d’après le manuel envoyé au Department of Public Safety du Texas. Le texte précise notamment qu’il doit y avoir très peu de risque d’incendie ou d’exposition à la haute tension, et que l’alimentation basse tension doit encore être disponible. Tesla présente cette option comme une mesure exceptionnelle, certainement pas comme la marche à suivre normale, et rappelle au passage que le déplacement manuel peut lui aussi entraîner des risques techniques.

Le constructeur prévient par exemple qu’un Cybercab poussé alors qu’il n’est ni au point mort ni en mode remorquage peut provoquer une surchauffe du moteur. Autre point délicat: faire tourner les roues peut conduire le moteur électrique à produire de l’électricité, avec à la clé un risque possible de décharge si certains composants sont exposés, selon le manuel. Mais le détail qui saute vraiment aux yeux concerne la direction. Comme le Cybercab n’a pas de volant, le document explique que, si les secours doivent modifier sa trajectoire pendant qu’ils le poussent, ils devront tourner directement les roues avant à la main.

Tout cela arrive alors que le lancement du Cybercab attire déjà l’attention des autorités fédérales. Peu après sa mise en service, la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) a ouvert une enquête pour vérifier si le véhicule respecte bien les normes de sécurité en vigueur, notamment à cause de l’absence de commandes manuelles classiques comme un volant ou des pédales de frein.

Le sujet dépasse d’ailleurs le seul cas de Tesla. Il renvoie à une question plus large sur les robotaxis et sur leur comportement face aux services d’urgence. Des incidents impliquant des véhicules autonomes bloquant des scènes d’intervention ont déjà alimenté les critiques contre le secteur. À Washington, un projet de loi sur la coordination des interventions d’urgence impliquant des véhicules autonomes prévoirait justement des protocoles plus clairs, ainsi qu’une ligne d’assistance accessible 24 heures sur 24 pour les autorités. Pour Tesla, le message est donc assez clair, et il va dans deux directions à la fois: la promesse d’un transport sans conducteur progresse, mais sur le terrain, la gestion d’un véhicule immobilisé reste encore très loin d’être entièrement automatisée.

The Happening est enfin disponible en streaming sur Peacock

D’après Peacock, The Happening, le thriller de science-fiction signé M. Night Shyamalan et sorti en 2008, longtemps rangé parmi les plus gros faux pas de sa carrière, est disponible en streaming sur la plateforme depuis septembre 2026, aux côtés d’autres films du réalisateur.

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Une mise en ligne qui remet forcément en circulation ce thriller de science-fiction que beaucoup tiennent encore pour l’un des ratages les plus spectaculaires de son auteur.

À sa sortie en 2008, le film s’était fait étriller. Très vite, il était devenu l’emblème du passage à vide de M. Night Shyamalan.

Avec les années, une partie du public a fini par lui accorder une drôle de seconde existence, entre curiosité pop, plaisir coupable et réputation de film « tellement mauvais qu’il en devient fascinant ».

Le récit suit Elliot Moore, professeur de sciences interprété par Mark Wahlberg, qui essaie de rester en vie avec sa femme Alma, jouée par Zooey Deschanel, ainsi qu’une petite fille confiée à leur garde.

Tous tentent d’échapper à un phénomène mystérieux qui se répand à travers les États-Unis et pousse soudainement ses victimes à se suicider.

Pensé comme un thriller paranoïaque aux allures de fin du monde, The Happening mise sur une peur invisible, diffuse, presque insaisissable. Son idée de départ a souvent été rapprochée de l’univers de Stephen King, en particulier de The Mist, et certains y voient aujourd’hui une sorte de brouillon imparfait de récits de survie plus récents comme Sans un bruit.

Si le film revient dans la conversation, c’est aussi parce qu’il reste l’un des objets les plus controversés de toute la carrière de M. Night Shyamalan.

Sur Rotten Tomatoes, The Happening plafonne à 17 % d’avis positifs, selon l’agrégateur Rotten Tomatoes.

À l’époque, plusieurs critiques l’avaient jugé « incohérent » et « peu convaincant », en visant surtout son scénario, ses dialogues et des prestations considérées comme maladroites. Et le moment tombait mal pour Mark Wahlberg : après son unique nomination aux Oscars, comme meilleur second rôle pour Les Infiltrés de Martin Scorsese, l’acteur avait enchaîné en 2008 avec deux films très mal accueillis, Max Payne (16 % sur Rotten Tomatoes, selon Rotten Tomatoes), puis The Happening.

Ce qui est plus surprenant, c’est que cette volée de bois vert n’a pas empêché le film de marcher en salles.

The Happening a engrangé plus de 160 millions de dollars dans le monde pour un budget estimé à 60 millions, signe qu’un concept accrocheur et le nom de M. Night Shyamalan suffisaient encore, à l’époque, à faire venir le public.

Dans la filmographie de M. Night Shyamalan, The Happening revient souvent comme un point de chute, parfois même comme le début du reflux durable de sa réputation critique après les triomphes des années 1990 et 2000.

Même chez les admirateurs de M. Night Shyamalan, le film continue de couper le public en deux.

Son arrivée sur Peacock pourrait malgré tout relancer sa réévaluation. Ce n’est sans doute pas le grand thriller métaphysique que M. Night Shyamalan pensait livrer, mais ça reste un objet de cinéma singulier, excessif, profondément bizarre, qui provoque encore des réactions près de vingt ans plus tard. À l’ère du streaming, c’est souvent comme ça qu’un échec finit par devenir culte.

Prometheus et Alien: Covenant débarquent sur Peacock: les préquelles d’Alien de retour en streaming

Depuis le 1er septembre 2026, Prometheus et Alien: Covenant ont rejoint Peacock aux États-Unis, d’après la plateforme. Leur arrivée remet aussitôt les deux préquelles de Ridley Scott dans la conversation, au moment même où le réalisateur recommence à laisser entendre qu’il aimerait revenir dans l’univers d’Alien.

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Le timing n’a rien de fortuit. Pendant que The Dog Stars, le dernier pari de science-fiction de Ridley Scott, a connu un démarrage poussif au box-office et des critiques plutôt tièdes, Scott continue d’évoquer l’idée de reprendre le fil laissé en suspens par Alien: Covenant, autour de David (Michael Fassbender) et de sa vision d’un “nouveau monde”.

Aux États-Unis, c’est limpide: Peacock a désormais les deux films à son catalogue, comme l’indique Peacock.

Ailleurs, c’est moins net. Au Royaume-Uni et en Australie, toute la saga Alien, ou une partie, se retrouve souvent sur Disney+, alors que d’autres territoires se partagent les films entre des catalogues éparpillés, de Netflix à HBO Max, sans oublier la location numérique. En clair, ce nouveau point de chute concerne d’abord le public américain.

Fait assez surprenant, Prometheus reste à ce jour le plus gros succès commercial de toute la franchise. Le film a dépassé les 400 millions de dollars de recettes mondiales, un record pour Alien, avec en plus un accueil critique globalement favorable, notamment sur Rotten Tomatoes.

Et pourtant, c’est aussi l’un des chapitres les plus discutés de la série. La raison est connue: le film s’éloignait du pur survival horror pour s’attarder davantage sur la création, la foi et l’origine de l’humanité.

Alien: Covenant, lui, a encore plus divisé. Le film a rapporté environ 240 millions de dollars dans le monde pour un budget estimé à 110 millions, avec 65 % côté critiques sur Rotten Tomatoes et 55 % côté public, selon Rotten Tomatoes.

Sur le papier, ce n’est pas un naufrage. Mais ce n’était pas assez pour remettre durablement en route la branche des préquelles. Les reproches entendus à l’époque n’ont d’ailleurs pas vraiment changé: certains saluent toujours son ambition philosophique, d’autres reviennent encore sur la logique du scénario et sur des décisions “scientifiques” jugées absurdes par une partie des spectateurs.

La franchise, en revanche, a déjà trouvé un second souffle sans Scott. Alien: Romulus, réalisé par Fede Álvarez en 2024, a engrangé environ 350 millions de dollars pour un budget de 80 millions et affiche 85 % sur Rotten Tomatoes, selon Rotten Tomatoes.

Son succès a clairement relancé la machine, au point qu’une suite serait déjà en préparation. Du coup, le retour de Prometheus et Alien: Covenant sur Peacock arrive au bon moment, entre nostalgie, curiosité et cet éternel débat sur la direction que la franchise doit prendre.

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Isar Aerospace : Spectrum atteint l’orbite dès son deuxième vol d’essai

Isar Aerospace a réussi, lors du deuxième vol d’essai de son lanceur Spectrum, ce qu’aucune autre entreprise du spatial commercial européen n’avait encore fait : placer une fusée en orbite. Pour la jeune société allemande, ce n’est pas seulement une victoire technique. C’est aussi un message envoyé à tout le secteur spatial européen, qui cherche depuis des années à moins dépendre des acteurs américains et des grands programmes publics.

Avec ce vol, Spectrum marque un vrai cap pour l’accès autonome à l’espace côté privé en Europe. Jusqu’ici, les start-up du continent butaient presque toutes sur le même mur : entre des prototypes qui fonctionnent au sol et une mission orbitale réussie, l’écart est immense. Le fait qu’Isar Aerospace y soit parvenue dès sa deuxième tentative lui donne déjà un avantage très concret dans la course entre nouveaux lanceurs européens.

Isar Aerospace met Spectrum en orbite et ouvre une première page pour le spatial commercial européen

Le décollage de Spectrum s’est bien passé, puis la fusée a poursuivi une montée nominale jusqu’à son insertion en orbite. Ce succès arrive après un premier vol qui n’avait pas permis d’aller jusque-là, ce qui n’a rien d’exceptionnel dans l’industrie spatiale : les campagnes d’essai servent justement à éprouver les systèmes dans des conditions réelles, là où tout se joue vraiment.

Avec ce deuxième tir, Isar Aerospace montre que Spectrum peut aller au-delà du simple démonstrateur. Atteindre l’orbite, pour un nouveau lanceur, reste le test qui tranche. Si vous y arrivez, vous validez la propulsion, bien sûr, mais aussi la structure, l’avionique, le guidage, et la capacité à dérouler une séquence de vol complète sans rupture.

Le résultat compte d’autant plus qu’on parle ici d’un lanceur conçu par une entreprise privée européenne, sur un marché longtemps tenu soit par des programmes institutionnels, soit par des acteurs venus d’ailleurs. Pour les futurs clients, qu’il s’agisse d’opérateurs de satellites, d’entreprises d’observation de la Terre ou d’acteurs de la défense, le signal est limpide : une nouvelle option sérieuse est en train d’apparaître sur le continent.

Un jalon stratégique pour l’industrie spatiale européenne

Au-delà de la performance signée Isar Aerospace, cette mise en orbite de Spectrum tombe à un moment décisif pour l’Europe. Le secteur essaie de muscler sa souveraineté spatiale alors que la demande de lancements pour petits satellites continue de grimper. Pouvoir compter sur un opérateur commercial européen capable d’atteindre l’orbite, ce n’est pas un détail. Cela modifie l’équation.

Cette réussite peut aussi relancer l’appétit des investisseurs, des agences publiques et des partenaires industriels pour les lanceurs dits « New Space » en Europe. La question n’est plus seulement de montrer qu’un vol est possible. Il faut maintenant passer de cet essai à une vraie cadence industrielle, avec des lancements réguliers, fiables, et à des prix capables de tenir la route. Pour un écosystème qui attendait ce genre de preuve depuis longtemps, la nouvelle est franchement bonne.

La suite pour Spectrum : faire de l’exploit un vrai business

Le plus difficile commence presque maintenant pour Isar Aerospace.

Une mise en orbite réussie compte énormément, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à assurer un avenir commercial solide. Mieux vaut garder la tête froide. Isar Aerospace doit encore prouver qu’elle peut répéter cette performance, remplir son carnet de commandes et faire baisser ses coûts d’exploitation.

Si l’entreprise y arrive, Spectrum peut devenir l’un des visages du renouveau spatial européen. Après des années d’attente, l’Europe commerciale tient enfin son premier lanceur orbital. Et avec lui, une promesse très concrète : un accès à l’espace plus indépendant, et plus agile.

Est-il logique que ‘Dungeons & Dragons’ s’apprête à adapter ‘Ravenloft’ sur Netflix ?

Si tu t’es déjà intéressé à Dungeons & Dragons, ne serait-ce que pour regarder les vidéos de Critical Role ou même le film d’il y a trois ans, il y a de fortes chances que tu aies entendu parler de Ravenloft ou de sa version 5E, La Malédiction de Strahd, un module dans lequel on peut jouer une véritable aventure horrifique au sein du jeu de rôle, et qui a été si influent que Netflix a pensé que c’était l’adaptation parfaite pour en faire une série télévisée. Ont-ils raison ? Eh bien. À moitié.

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Dragons et vampires, un monde infernal

En réalité, ça dépend uniquement de la façon dont tu vois le jeu, parce qu’il ne semble pas que Netflix et Hasbro vont faire de Ravenloft une sorte d’Abbott et Costello contre les fantômes, en faisant prendre un virage parodique à la saga. On dirait que ce sera une adaptation horrifique et sérieuse du module, parfaite pour les joueurs qui restent toujours dans l’ambiance mais qui n’adapte pas tout à fait D&D. Le film a parfaitement compris la sensation de manger des chips, boire des sodas et prendre constamment les mauvaises décisions : est-ce qu’on pourra vraiment voir quelque chose comme ça dans une série de vampires ?

Je reconnais que, comme joueur et maître de jeu de D&D, j’ai un énorme défaut : je vais toujours privilégier l’humour. Toujours. Tu veux essayer de séduire le dragon ? Vas-y, lance les dés. Tu veux manger de l’ail et souffler ton haleine sur le vampire ? Tu peux, toujours essayer. C’est peut-être pour ça que j’ai tant de mal à imaginer en quoi une série de Ravenloft se distinguerait de n’importe quelle autre série de vampires, au-delà de la marque. C’est logique, parce que l’horreur est à la mode. Mais pour ce voyage, on n’avait pas besoin d’en faire autant : c’est une grande campagne sur table difficile à bien transposer en série. C’est comme ça.

Bien sûr qu’ils vont la sortir. Et bien sûr (cela va sans dire) ils vont obtenir des millions de vues, parce qu’il est impossible qu’ils n’en obtiennent pas en mélangeant l’horreur avec l’une des franchises les plus puissantes du moment. Pour l’instant, malgré ses multiples adaptations, D&D n’a eu qu’une seule adaptation réussie. Ils doivent faire des essais, bien sûr, mais… Pourquoi s’obstinent-ils autant à reprendre le ton qui a marché ? Aïe. Faut voir ça.

Apple TV+ aujourd’hui: 10 séries incontournables à voir

Apple TV+ a trouvé sa place dans le streaming, et ce n’était pas gagné d’avance. Face aux catalogues XXL de Netflix ou Disney+, la plateforme d’Apple joue une autre partition: moins de séries, mais plus de productions capables de marquer les esprits et de créer un vrai rendez-vous. Et ça marche. Le catalogue d’Apple TV+ compte maintenant plusieurs titres devenus incontournables pour tout amateur de streaming. Voici donc les 10 séries Apple TV+ à voir en priorité.

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Thrillers à concept fort, comédies chaleureuses, science-fiction ambitieuse, drames salués par la critique: Apple TV+ aligne assez de programmes solides pour justifier, à lui seul, un abonnement. Si vous vous demandez par où commencer, cette sélection des 10 séries Apple TV+ à voir en priorité vous donnera une très bonne base.

Les 10 séries Apple TV+ à voir absolument

1. Severance Difficile de faire plus représentatif d’Apple TV+ que Severance. C’est sans doute la série qui incarne le mieux la plateforme aujourd’hui. Son idée de départ, séparer la mémoire professionnelle et la mémoire personnelle des employés, donne naissance à un thriller de science-fiction aussi glaçant que terriblement addictif.

2. Ted Lasso Ted Lasso reste le grand phénomène feel-good de la plateforme. Mais la série ne se résume pas à son humour et à son optimisme: elle parle aussi de santé mentale, de leadership et de reconstruction personnelle, avec une justesse qu’on voit rarement dans ce registre.

3. The Morning Show Avec Jennifer Aniston, Reese Witherspoon et Steve Carell, The Morning Show nous emmène dans les coulisses toxiques de la télévision matinale américaine. Depuis les débuts du service, c’est aussi l’une des vitrines prestige les plus visibles d’Apple TV+.

4. Silo Adaptée du roman de Hugh Howey, Silo s’est imposée sans trop de débat parmi les meilleures séries de science-fiction récentes. Cette dystopie enfermée dans un immense silo souterrain tient autant par son suspense que par ses mystères et par la solidité de son univers.

5. Slow Horses Dans Slow Horses, Gary Oldman joue un patron de service d’espionnage aussi brillant que détestable. La série a moins de glamour que James Bond, certes, mais elle est bien plus mordante, plus drôle et souvent plus tendue.

6. For All Mankind Le point de départ tient en une question toute simple: et si la course à l’espace ne s’était jamais arrêtée? À partir de là, For All Mankind déploie une uchronie ambitieuse, avec une ampleur rare et une vraie vision sur le long terme.

7. Foundation Apple TV+ a sorti l’artillerie lourde pour adapter Isaac Asimov, et cela saute aux yeux. Dense, spectaculaire, parfois exigeante, Foundation reste un passage obligé pour les amateurs de grande science-fiction.

8. Pachinko Pachinko est moins médiatisée, mais c’est aussi l’une des plus belles productions de la plateforme. Cette fresque familiale multigénérationnelle impressionne par sa mise en scène, par l’émotion qu’elle dégage et par sa portée historique.

9. Shrinking Avec Jason Segel et Harrison Ford à l’écran, et Brett Goldstein comme Bill Lawrence dans les coulisses, Shrinking séduit très vite. Son ton est humain, drôle, touchant. Et ce n’est pas si courant, tant les comédies dramatiques capables de trouver cet équilibre restent rares.

10. Black Bird Black Bird, enfin, est une mini-série sombre et intense inspirée d’une histoire vraie. Elle brille autant par son casting que par la tension psychologique qui s’installe dès les premiers épisodes.

Pourquoi Apple TV+ se distingue dans la guerre du streaming

Ce qui fait vraiment la différence chez Apple TV+, c’est son identité éditoriale.

Là où d’autres plateformes empilent les sorties et misent d’abord sur la quantité, Apple préfère choisir davantage ses projets. On y retrouve souvent de grands noms, oui, mais surtout une production très soignée.

Et, paradoxalement, ce catalogue plus resserré rend l’ensemble plus lisible.

Tout ne se vaut évidemment pas. Mais les séries citées plus haut suffisent à comprendre pourquoi Apple TV+ est devenu une référence pour les spectateurs qui cherchent des programmes haut de gamme. Pour un fan de séries, ce sont clairement les titres à cocher en premier, avec, pour certains, de vraies chances de devenir de futures œuvres cultes.

Les Simpson : « Days of Future Future » divise encore, 12 ans après

Douze ans après sa première diffusion, « Days of Future Future », programmé le 13 avril 2014 comme 18e épisode de la saison 25 des Simpson, traîne toujours une sale réputation chez une partie des fans comme chez plusieurs critiques. Et le reproche qui revient le plus souvent ne concerne pas tant sa dimension science-fictionnelle que son incapacité à dérouler un récit lisible, avec une vraie cohérence émotionnelle.

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Quand l’épisode a été diffusé, le 13 avril 2014, comme 18e volet de la saison 25, on sentait bien qu’il voulait frapper fort.

Le problème, c’est qu’à vouloir caser trop d’idées à la fois, « Days of Future Future » donne vite l’impression de partir dans tous les sens, sans jamais trouver une ligne claire ni un ton qui tienne jusqu’au bout.

Pourquoi « Days of Future Future » reste un raté de science-fiction chez les Simpson

Ce qui est assez frappant, c’est que le reproche principal n’a jamais vraiment porté sur son manque de crédibilité.

Après tout, Les Simpson ont toujours eu un faible pour l’absurde, les visions du futur et les gadgets invraisemblables.

Là où ça coince, pour beaucoup de critiques et de spectateurs, c’est ailleurs : l’épisode entasse plusieurs intrigues très ambitieuses, puis ne trouve jamais la bonne façon de les faire tenir ensemble.

On voit Homer mourir plusieurs fois avant d’être cloné, Lisa enfermée dans un mariage malheureux avec un Milhouse zombifié, et Bart face à un futur d’après-divorce avec Jenda.

Sur le papier, il y avait là de quoi faire un très bon épisode de science-fiction comique, quelque chose d’un peu fou mais parfaitement assumé.

À l’écran, ce qui domine, c’est surtout une sensation de désordre.

Cette construction en morceaux crée aussi une vraie dissonance de ton.

L’épisode enchaîne les gags macabres autour de la mort de Homer, puis bifurque vers des moments de sincérité familiale, sans réussir à donner une unité à l’ensemble.

C’est ce mélange maladroit d’humour noir et d’émotion appuyée qui a fini par braquer durablement une partie du public.

Le twist de la simulation, résumé presque parfait de ce qui a déraillé

Le choix qui a sans doute suscité le plus de rejet reste la révélation selon laquelle une grande partie de l’histoire n’était qu’une simulation dans l’esprit de Bart.

Pour beaucoup de spectateurs, ce retournement ressemble surtout à un artifice de dernière minute. Au lieu d’épaissir les enjeux, il en efface une bonne partie.

Ce genre de twist peut très bien fonctionner quand il rebat intelligemment les cartes de tout ce qu’on vient de voir.

Ici, beaucoup y ont surtout lu une échappatoire un peu facile.

Dennis Perkins, dans The A.V. Club, avait d’ailleurs décrit l’épisode comme « scattershot », en le rapprochant d’un empilement de blagues de Futurama laissées de côté.

Face aux meilleurs épisodes futuristes, la comparaison ne lui rend pas service

Le décalage saute d’autant plus aux yeux que Les Simpson ont déjà montré qu’ils savaient réussir ce genre d’exercice.

« Lisa’s Wedding » et « Holidays of Future Passed » reviennent souvent dans les discussions, chez les fans comme dans la critique, comme des contre-exemples parlants : des épisodes tournés vers le futur, oui, mais mieux construits, plus émouvants et plus cohérents dans leur manière de regarder la famille Simpson.

Là où ces épisodes se servaient du futur pour creuser les personnages, « Days of Future Future » donne souvent l’impression de traiter ses idées de science-fiction comme une simple suite de sketches.

Au bout du compte, l’épisode marque moins par ce qu’il raconte que par la confusion qu’il laisse derrière lui.

La série, depuis, a continué à tester le terrain de la science-fiction, mais plutôt dans des formats plus autonomes ou plus proches de l’esprit « Treehouse of Horror ».

Et le fait qu’aucune vraie suite à cette chronologie n’ait réellement vu le jour ressemble presque à une forme d’aveu discret. Même Springfield, au fond, a eu l’air de préférer passer à autre chose.

Disney+ prépare The Kane Chronicles : après Percy Jackson, cap sur l’Égypte

Selon Rick Riordan, Disney+ travaille en ce moment sur The Kane Chronicles avec 20th Television. Le projet adapterait la trilogie formée par The Red Pyramid, The Throne of Fire et The Serpent’s Shadow, et s’inscrirait dans le sillage de Percy Jackson and the Olympians sur la plateforme, avec cette fois une série de fantasy tournée vers la mythologie égyptienne.

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On comprend assez bien pourquoi Disney+ s’y intéresse après le bon démarrage de Percy Jackson. La firme semble avoir envie d’aller plus loin avec l’univers de Riordan et de relancer la machine avec une autre série où se croisent ados, dieux antiques et pouvoirs surnaturels, mais du côté égyptien cette fois.

L’histoire suivra Carter et Sadie Kane, un frère et une sœur qui découvrent qu’ils descendent des pharaons de l’Égypte antique. À partir de là, ils basculent dans un monde caché rempli de divinités, de magie et de monstres, et doivent apprendre à contrôler leurs pouvoirs pour sauver leur père tout en empêchant une guerre entre les dieux.

La mécanique parlera tout de suite aux abonnés Disney+. De jeunes héros découvrent un univers mythologique secret, comme dans Percy Jackson. Sauf que The Kane Chronicles tire un peu plus vers quelque chose de sombre, de mystique aussi, avec des mortels capables de servir d’hôtes à des divinités. Forcément, les fans de Marvel penseront à Moon Knight.

Autre élément qui compte, et Rick Riordan l’a lui-même précisé, l’auteur est directement impliqué dans l’adaptation. Il sera producteur exécutif avec Rebecca Riordan, tandis qu’Angela Robinson co-crée la série à ses côtés et occupera elle aussi un poste de productrice exécutive.

Pour les fans qui ont encore en tête les adaptations cinéma de Percy Jackson, cette présence a quelque chose de rassurant. Beaucoup y voient le signe que la série a plus de chances de rester fidèle à l’esprit des romans.

L’intérêt du projet dépasse d’ailleurs la simple idée d’une nouvelle série. Dans les livres, The Kane Chronicles partage le même univers que Percy Jackson, et plusieurs crossovers ont déjà fait se rencontrer ces personnages. Ça laisse donc entrevoir la possibilité d’un vrai univers partagé sur Disney+.

Et le contexte joue en sa faveur. Percy Jackson and the Olympians s’est installée parmi les plus gros succès originaux de la plateforme hors franchises Marvel et Star Wars, pendant que les romans de Rick Riordan, eux, ont dépassé les 190 millions d’exemplaires vendus dans le monde.

Le chemin jusqu’à Disney+ a pourtant été assez long. Toujours selon Rick Riordan, avant cette nouvelle étape, The Kane Chronicles était en développement chez Netflix sous la forme d’une trilogie de films. Le projet a fini par s’enliser, puis les droits sont revenus à Rick Riordan au début de l’année 2024.

Au moment où nous écrivons ces lignes, Disney+ n’a annoncé ni casting ni date de sortie. Rick Riordan a d’ailleurs rappelé publiquement qu’un projet “en développement” ne veut pas dire qu’il décrochera forcément une commande de série. Mieux vaut ne pas aller trop vite.

Même comme ça, The Kane Chronicles reste l’un des projets les plus intéressants pour prolonger la dynamique lancée par Percy Jackson sur Disney+. On suivra la suite de près.