Battle Royale, le film japonais culte de Kinji Fukasaku sorti en 2000, est en ce moment disponible sur Netflix dans certains pays, d’après les indications de la plateforme au moment où nous écrivons ces lignes.
Ce retour remet aussi Battle Royale II: Requiem dans la conversation. La suite a toujours été bien moins admirée que le premier film, mais elle refait régulièrement surface dès que Battle Royale revient sur le devant de la scène.
Selon Netflix, la disponibilité change d’un pays à l’autre, et le film n’apparaît pas dans tous les catalogues. Si vous comptez le regarder plus tard, mieux vaut donc vérifier. On suivra les mises à jour.
Ce regain d’intérêt relance au passage une vieille confusion autour de Quentin Tarantino. Tarantino a bien couvert Battle Royale d’éloges, au point de dire que c’était “le film qu’il aurait le plus aimé réaliser lui-même”. En revanche, quand il parle du “plus grand film jamais fait”, il cite le plus souvent Les Dents de la mer de Steven Spielberg, pas le film de Kinji Fukasaku.
Adapté du roman de Koushun Takami paru en 1999, Battle Royale imagine un Japon dystopique dans lequel une classe de troisième est tirée au sort par l’État pour participer à un programme terrifiant. Les élèves sont envoyés sur une île et doivent s’entretuer jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Au départ, chacun reçoit une arme choisie aléatoirement.
Présenté comme ça, le principe peut paraître presque familier aujourd’hui. Mais à sa sortie, Battle Royale a provoqué un choc rare, avec ce mélange de satire politique, de violence frontale et de drame adolescent. Le film a immédiatement fait polémique, et il a laissé une trace durable.
Si Quentin Tarantino y tient autant, ce n’est pas pour rien. Il y a dans Battle Royale une énergie brute, une mise en scène sous tension, et cette façon de faire d’un postulat extrême une véritable tragédie générationnelle.
Battle Royale est aussi le dernier film entièrement réalisé par Kinji Fukasaku. Sa caméra à l’épaule, fébrile, presque documentaire par moments, renforce l’idée d’un monde où les adultes ont laissé tomber les plus jeunes. Fukasaku résumait d’ailleurs ce conflit de façon très simple, comme une lutte entre enfants et adultes.
Malgré sa réputation sulfureuse, Battle Royale a connu un vrai succès commercial au Japon, avec environ 3,11 milliards de yens au box-office, ce qui en fait l’un des plus gros succès nationaux de 2001. Côté critique, le film garde 90 % d’avis positifs sur Rotten Tomatoes. Sa violence lui a valu des interdictions ou de fortes réticences dans plusieurs pays, mais cela a aussi contribué à bâtir son statut de film culte à l’international.
Son influence est immense. On la retrouve aussi bien dans Hunger Games que dans une partie entière de la culture jeu vidéo, de PUBG à Fortnite. Battle Royale II: Requiem, lancé par Kinji Fukasaku puis terminé par son fils Kenta après sa mort, n’a jamais atteint le même niveau de reconnaissance. Il n’empêche, Battle Royale continue d’attirer la curiosité et de relancer régulièrement des rumeurs ou des projets d’adaptation en série. Pour les abonnés qui y ont accès, c’est une très bonne nouvelle: l’occasion de revoir l’un des films les plus influents du cinéma de genre moderne.